À l’heure où la France traverse une crise sans précédent concernant l’offre médicale, de nombreux médecins, pharmaciens et autres praticiens s’établissent ou s’agrandissent au Blanc-Mesnil, séduits par son dynamisme et l’embellissement de son cadre de vie. Le lundi 2 mars, la municipalité a inauguré un nouveau cabinet sur le parvis de l’hôtel de ville. Et d’autres ouvertures sont prévues dès cette année. Tour d’horizon.
Santé : la France décroche… Le Blanc-Mesnil accélère ! Partout dans l’Hexagone, l’accès à un médecin traitant se complique. De quoi alimenter le débat sur les « déserts médicaux », y compris en Seine-Saint-Denis. En effet, dans son observatoire paru fin 2024, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) constate une dégradation de l’accessibilité aux généralistes et aux infirmières. Classé en zone d’intervention prioritaire par l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de- France, Le Blanc-Mesnil refuse la fatalité : nouvelles installations, nouveaux praticiens, structures renforcées, centres municipaux qui recrutent… Des engagements concrets pour la santé des Blanc-Mesnilois. Dernier exemple le lundi 2 mars, sur le parvis de l’hôtel de ville récemment rénové. Thierry Meignen, sénateur de la Seine-Saint-Denis et président de la majorité municipale, et le maire Jean-Philippe Ranquet ont inauguré un nouveau cabinet médical aux côtés de ses fondatrices, Kahina et Nawel Sekhri, chirurgien- dentiste et médecin généraliste, ainsi que de Jacky Viltart, adjoint au maire chargé de la Santé, du Handicap et du Logement. « Nous tenons tout d’abord à remercier la municipalité, ont salué les deux sœurs, natives et habitantes du département. Vous ne vous êtes pas contentés d’un soutien symbolique. Votre engagement pour développer une offre de soins accessible à tous est réel et nous en sommes les témoins reconnaissants. » Cet espace de 140 m2, moderne, lumineux et chaleureux est situé au 9, mail Gabriel-Péri, à côté du service Seniors. « Notre objectif, c’est que tout le monde s’y sente bien, nos patients et les praticiens. C’est un lieu de soins, mais surtout de suivi, et nous voulons proposer aux Blanc-Mesnilois une prise en charge de qualité », commentent Kahina et Nawel Sekhri, toutes deux conventionnées en secteur. 1. Elles souhaitent s’entourer rapidement d’un autre médecin généraliste et d’un autre chirurgien-dentiste. Ils disposeront d’un matériel à la pointe de la technologie, d’une salle de stérilisation et d’une salle de radio panoramique. Côté dentaire, Kahina propose des soins allant du détartrage à la pose de prothèses et d’implants en passant par le blanchiment des dents. Le cabinet est ouvert du lundi au vendredi, de 9 heures à 13h30 et de 14 heures à 19 heures.
Trois autres cabinets récemment ouverts
Cette installation succède à l’ouverture, en octobre dernier, d’un autre cabinet au 42, avenue de la République. « Nous avons été séduits par l’architecture de la commune et la modernisation du centre-ville », témoignent la pédicure-podologue Samantha Do Nascimento et l’ostéopathe Bruno Infantino. Au pied d’un immeuble flambant neuf, leur local à l’atmosphère cocooning accueille aussi le médecin Djilali Meskini, qui pratique l’acupuncture auriculaire, l’infirmière Fleurine Sanson et, depuis le 16 février, Naïma Boucheker. Cette dernière propose des séances en neurofeedback, discipline qui permet d’entraîner son cerveau à mieux fonctionner. L’automne 2025 a également vu l’éclosion du nouveau cabinet du docteur Mehdi Hasnaoui place de la Libération, à côté du Théâtre. Précédemment installé aux Tilleuls – quartier en pleine métamorphose – ce généraliste et pédiatre exerce désormais dans des locaux modernes de
100 m2, grâce au soutien de la municipalité. « Lorsque nous avons d’excellents praticiens, nous les gardons », souligne Jacky Viltart. Enfin, dans le quartier sud, le kinésithérapeute Abdelkader Mebrouk a créé Physio’ Mouv, l’été dernier, au 71, rue Jean-Richard-Bloch. Désormais épaulé de sept confrères, il y accueille ses patients du lundi au samedi, de 8 heures à 21 heures. Et il n’est pas près de s’arrêter ! « J’aimerais accroître mon activité au Blanc-Mesnil », s’enthousiasme-t-il.
Des pharmacies plus spacieuses
Même énergie du côté des pharmacies. Fin 2024, celle qui se trouvait au 29, avenue de la République a presque triplé sa surface en déménageant au 38 de cette même voie. « Cet agrandissement nous permet de proposer de nouveaux services aux Blanc-Mesnilois comme des téléconsultations de médecine générale, dès trois ans et sans rendez-vous », explique la pharmacienne Berivan Özkan. À l’été suivant, toujours avec le soutien de la Ville, l’ex-pharmacie du centre commercial Casanova – dont la réhabilitation est en route – a bénéficié d’un espace deux fois plus grand (200 m2), à l’angle des avenues Paul-Vaillant-Couturier et Danielle-Casanova. À la même saison, dans le quartier centre, une autre a déménagé du 13 au 16 avenue Henri-Barbusse et a gagné 270 m2. « Nous présentons désormais une plus grande gamme de produits, à la demande des familles nouvellement arrivées », souligne lbticem Naggoudi, pharmacienne diplômée en homéopathie uniciste.
Nouveaux cabinets en vue
L’année 2026 démarre sur les chapeaux de roues côté santé ! Grâce à Christine Cerrigone, première adjointe au maire et conseillère régionale, la Région Île-de-France a octroyé 250 000 € pour la création du cabinet médical BM Santé, à l’angle de l’avenue Pasteur et de la rue Auber. L’ARS a accordé une subvention du même montant à ce projet d’ampleur, porté par Annette Ayenemgoye (médecin généraliste), Wajdi Ibrahim (chirurgien orthopédique) ainsi que Lynda El Qati et Sofiane Boumedjane (infirmiers). « La municipalité nous a aidés à trouver cet emplacement idéal, au pied d’une résidence neuve », remercient-ils. L’équipe vise une ouverture d’ici à septembre prochain, et l’arrivée de nouveaux confrères. « Nous leur avons demandé de rechercher en priorité un dermatologue, un rhumatologue, un ophtalmologue et un gynécologue », relève Thierry Meignen.
Le sud n’est pas oublié
Dans le quartier sud, le docteur Yanis Mezzouane compte, lui aussi, faire profiter les Blanc-Mesnilois de son expérience. Chef du service de médecine polyvalente à l’hôpital du Vert-Galant, à Tremblay-en-France, il aménage actuellement quatre salles de consultation au 71, avenue de Suffren. Avec la perspective d’y recevoir sa patientèle dès mai prochain, aux côtés de deux généralistes – voire d’un psychiatre – et d’infirmiers. « J’aimerais, par la suite, ouvrir des permanences en soirée », précise-t-il. Par ailleurs, au 126, avenue Paul-Vaillant-Couturier, le pharmacien Daniel Toledano voit pousser son futur centre médical : au rez-de-chaussée, une extension de sa pharmacie et une boulangerie ; aux étages, sept salles de consultation. Inauguration espérée d’ici à septembre. Le Blanc-Mesnil donne des ailes aux praticiens !
Les centres municipaux de santé, une priorité de la Ville
« Notre engagement pour étendre l’offre médicale passe aussi par la modernisation de nos centres municipaux de santé (CMS) », relève Jacky Viltart, adjoint au maire chargé de la Santé, du Handicap et du Logement. Ouvert à l’été 2024, dans le quartier sud, le CMS Docteur-Kaplan (plus de 3,5 millions d’euros d’investissement) est doté d’un matériel dernier cri. Le rhumatologue Naaman Zrek y pratique l’électromyographie. Cet examen de pointe pour explorer le système nerveux périphérique est rare en Seine-Saint-Denis. En 2025, l’équipe s’est étoffée du neurologue Langstone Adogble et de la généraliste Souganya Zearamane. « C’est un réel atout de travailler en coordination avec des spécialistes, note cette dernière. Cela nous permet d’avoir un dossier médical commun pour chaque patient. » Autre avantage pour les Blanc-Mesnilois, une tarification de secteur 1, y compris pour toutes les consultations spécialisées ! En février, la Ville a de plus recruté deux chirurgiens-dentistes supplémentaires, Séryne Torkhani et Martine Ohayon. Le CMS Pierre-Rouquès, lui, accueille des internes en médecine, grâce à une décision du conseil municipal de juin dernier. « Nous leur attribuons une bourse. En contrepartie, ils s’engagent à exercer au Blanc-Mesnil dès l’obtention de leur diplôme », poursuit Jacky Viltart.
Parmi les derniers recrutements dans ces équipements municipaux, la diététicienne nutritionniste Élisabeth Raimbault reçoit gratuitement les mamans et leurs enfants depuis août, dans le cadre des « 1 000 premiers jours ». Ce dispositif court du début de la grossesse aux deux ans de l’enfant. La sage-femme Aurore Lecomte est arrivée en septembre. Et depuis janvier 2026, la kinésithérapeute Ibtissem Naceri propose des séances de rééducation en uro-gynécologie pour les jeunes mères atteintes de troubles de la statique pelvienne après un accouchement.
La Ville s’efforce aussi de fidéliser ses médecins, à l’image de l’incontournable pédiatre Harry Monsonego. Alors qu’il fermait son cabinet fin 2020, après trente sept années passées à soigner les enfants de la commune, Thierry Meignen, sénateur de la Seine-Saint-Denis et président de la majorité municipale, l’a convaincu de poursuivre son activité dans les CMS. De son côté, le généraliste Michel Martret continue d’exercer au centre médico-sportif, à côté du stade Jean-Bouin. Quant à l’ancien chef de service en cardiologie à l’hôpital Robert-Ballanger, Jean-Pierre Maroni, il a pris la même décision afin de continuer à veiller sur le coeur des Blanc-Mesnilois, au CMS Pierre-Rouquès. Un équipement auquel succédera celui actuellement en construction dans la zone d’aménagement concerté (ZAC) du Centre-ville (coût estimé des travaux : 7 millions d’euros). D’une surface de 1 400 m2, il sera situé au-dessus de la nouvelle halle de marché et de plain pied, pour le confort des patients à mobilité réduite. Il comportera aussi une terrasse végétalisée propice à la biodiversité : un argument de taille afin de continuer à attirer de nouveaux praticiens. Le désert médical n’est donc pas une fatalité ! Au Blanc-Mesnil, l’accès aux soins se reconquiert, ouverture après ouverture. La Ville ne se contente pas de constater : elle équipe, elle recrute, elle attire… Car ici, l’offre de santé ne recule pas : elle s’installe, durablement.
TÉMOIGNAGES
ABDELKADER MEBROUK | KINÉSITHÉRAPEUTE ET FONDATEUR DE PHYSIO’ MOUV
Avec l’accompagnement précieux de la Ville, j’ai créé Physio’Mouv au 71, rue Jean-Richard- Bloch, dans le sud de la commune. La municipalité a été présente et réactive, ce qui a permis d’aller vite. Aujourd’hui, je travaille avec sept collaborateurs. Mon objectif : ouvrir d’autres cabinets au Blanc-Mesnil pour répondre à la demande des habitants.
SAMANTHA DO NASCIMENTO ET BRUNO INFANTINO | PÉDICURE-PODOLOGUE ET OSTÉOPATHE
L’architecture de la commune nous a motivés à nous installer au 42, avenue de la République. Au rez-de-chaussée d’un immeuble neuf, nous sommes désormais cinq praticiens à y accueillir notre patientèle. Le renouveau du centre-ville ouvre une dynamique durable pour la santé et la Ville y contribue.
KAHINA ET NAWEL SEKHRI | CHIRURGIEN-DENTISTE ET MÉDECIN GÉNÉRALISTE
Grâce au soutien de la municipalité, nous avons ouvert notre cabinet sur le parvis de l’hôtel de ville, inauguré le 2 mars. La Ville a facilité nos démarches et soutenu notre projet de A à Z. Nous voulons l’étoffer, avec un autre généraliste et un second chirurgien-dentiste. Le Blanc-Mesnil est une commune dynamique et nous souhaitons participer à son essor.
BERIVAN ÖZKAN | DOCTEUR EN PHARMACIE
Je cherchais un lieu plus moderne pour la pharmacie de la République. La municipalité nous a aidés à concrétiser le déménagement au n° 38, avenue de la République, au pied d’un immeuble neuf : un vrai saut de qualité. Notre surface a presque triplé et nous pouvons développer de nouveaux services, dont la téléconsultation, au plus près des Blanc-Mesnilois, sereinement.
IBTICEM NAGGOUDI | DOCTEUR EN PHARMACIE ET DIPLÔMÉE EN HOMÉOPATHIE UNICISTE
À l’été dernier, nous avons déplacé la pharmacie du Centre du 13 au 16 avenue Henri-Barbusse, afin d’offrir un accueil plus confortable et renforcer la prévention et l’accompagnement. Résultat : 270 m2 supplémentaires et un emplacement idéal, face au square de la Paix. Cette modernisation, soutenue par la municipalité, répond aux attentes d’une patientèle en hausse, jour après jour.
ADRIEN LE FOULEUR | CHIRURGIEN DIGESTIF ET DE L’OBÉSITÉ
Depuis deux ans et demi, je reçois des patients en consultation et je les opère à l’hôpital privé de la Seine-Saint-Denis. À mon arrivée, la Ville m’a invité à des rencontres interprofessionnelles. Ces initiatives, très fédératrices, m’ont permis de créer des liens précieux avec d’autres confrères.
ANNETTE AYENEMGOYE ET SOFIANE BOUMEDJANE | MÉDECIN GÉNÉRALISTE ET INFIRMIER
Avec le chirurgien orthopédique Wajdi Ibrahim et l’infirmière Lynda El Qati, nous avions l’ambition d’ouvrir un cabinet au Blanc-Mesnil. Avec l’aide de la Ville, nous avons trouvé un local idéalement situé à l’angle de l’avenue Pasteur et de la rue Auber. Dans cet espace de plus de 200 m2, nous serons sept praticiens à y accueillir les habitants d’ici à septembre prochain.
YANIS MEZOUANE | MÉDECIN
Je souhaite mettre mon expérience de chef de service à l’hôpital du Vert-Galant au service des Blanc-Mesnilois, et participer à la vitalité du quartier sud. J’y aménage actuellement un cabinet au 71, avenue de Suffren. Objectif : ouvrir dès mai prochain et attirer d’autres médecins et des infirmiers, avec des permanences en soirée, pour renforcer l’offre locale de soins.
SOUGANYA ZEARAMANE ET ADOGBLE LANGSTONE | MÉDECIN GÉNÉRALISTE ET NEUROLOGUE
Nous avons rejoint le centre municipal de santé Docteur-Kaplan en 2025. La municipalité a conçu un lieu lumineux et très fonctionnel, qui facilite le travail en équipe. La coordination entre généralistes et spécialistes et le dossier médical partagé améliorent le suivi. Et la tarification de secteur 1 rend les consultations accessibles à tous les Blanc-Mesnilois.
DANIEL TOLEDANO | PHARMACIEN
D’ici au mois de septembre, j’ouvrirai un centre médical au 126, avenue Paul-Vaillant-Couturier. La transformation du quartier sud et l’écoute de la municipalité m’ont donné l’élan pour ce projet : extension de ma pharmacie, une boulangerie et des espaces pour médecins et praticiens. Une manière de participer, avec la Ville, à une offre de santé plus accessible.
DOSSIER RÉALISÉ PAR ÉLISE BARRY
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