RER B: un an de plus de galère ?
Publié le 06.04.2012
Les Blanc-Mesnilois espéraient, en novembre 2012, avoir un RER toutes les trois minutes. Il semblerait qu’un retard d’un an soit à prévoir…

© Américo Mariano
Les usagers du RER B croyaient voir le bout du tunnel mais la galère est loin d’être finie ! Dès novembre 2012, dans le cadre du programme «RER B Nord +», des trains omnibus devaient desservir les gares du Blanc-Mesnil et de Drancy toutes les trois minutes (contre quinze actuellement). Un progrès indéniable qui valait le coup d’attendre (plus de cinq ans, tout de même). Seulement les travaux ont pris du retard, beaucoup de retard. «Un an environ, selon Laurent Gallois, conducteur sur le RER B et délégué syndical UNSA département RER RATP. La modernisation de la ligne change le travail des agents. Nous devrions déjà avoir reçu les nouvelles feuilles de mission, or ce n’est pas le cas.»
«Cette annonce me consterne, a réagi pour sa part le maire du Blanc-Mesnil, Didier Mignot. Les conditions de transport demeurent inadmissibles et portent gravement préjudice aux usagers. Je vais demander à Jean-Paul Huchon, le président du Stif (*), de m’apporter des éclaircissements.» Du côté de Réseau Ferré de France (RFF), chargé de la mise en œuvre d’une partie des travaux, on botte en touche. «Je ne peux ni confirmer ni infirmer ces informations, explique Guillaume Pennequin, responsable de la communication à RFF. Nous sommes en train d’étudier plusieurs scénarios possibles avec le Stif.»
«Une réunion est d’ailleurs prévue à la mi-avril. Il s’agit d’un programme très long, divisé en dix-huit sous-projets. Deux liés à la signalisation ferroviaire et à la vitesse sont en train d’être affinés, précise Guillaume Pennequin. Je comprends la frustration des voyageurs. Nous donnons de la robustesse à notre réseau afin de limiter le nombre de pannes et de réagir plus facilement en cas d’incident.»Des améliorations auxquelles Laurent Gallois met pourtant certains bémols. «Deux voies seront désormais dédiées au RER B au lieu de quatre actuellement. Les trains seront donc les uns derrière les autres. En cas de problème, il existe un risque fort d’avoir un effet boule de neige. On annonce, pour y remédier, que les rames pourront rouler à contresens. Mais cela est vrai seulement sur le tronçon reliant Aulnay-sous-Bois à l’aéroport de Roissy.»
Inquiète de ce probable retard, la commission d’enquête parlementaire consacrée aux RER a écrit le 13 février à Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF. Elle n’a pour le moment reçu aucune réponse. «Quand on voit l’importance qu’accorde la SNCF à la mission parlementaire, on ne s’étonne guère que les usagers soient aussi maltraités», conclut Laurent Gallois.
Jonathan Rapaport
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