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RSA : parcours individualisé au Blanc-Mesnil

Publié le 02.03.2012

Son bilan est mitigé au niveau national, mais au Blanc-Mesnil, le service insertion/projet de ville RSA accompagne les allocataires. Tradition de solidarité oblige !

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© Frédéric Fournier

Le revenu de solidarité active (RSA) concerne aujourd’hui un peu plus de deux millions d’allocataires en France… et 2 438 familles au Blanc-Mesnil. Lancée en 2009 au niveau national, sous l’impulsion de Martin Hirsch alors haut commissaire aux solidarités actives, cette allocation destinée aux personnes sans ressources ou disposant de peu de revenus, a remplacé l’ancien RMI (revenu minimum d’insertion). Le Blanc-Mesnil recense ainsi 1 745 allocataires, dont 40%, âgés de moins de 35 ans, n’exercent aucune activité professionnelle, selon les données de la Caisse d'allocations familiales et du service solidarité, chargés au niveau local d’instruire leurs demandes de RSA. A la différence du RMI, ce nouveau revenu d’insertion dont la gestion a été confiée par l’Etat aux conseils généraux, permet en théorie de cumuler salaire et aide(s) financière(s). Il a même été élargi en 2010, aux jeunes adultes âgés de moins de 25 ans. A condition, dixit la loi, qu’ils aient occupé pendant deux ans au moins,un emploi à plein temps au cours des trois années précédant leur demande.

Malgré ses bonnes intentions, le RSA n’est pas exempt, depuis sa création, de nombreuses critiques, au niveau national. A commencer par la lourdeur administrative à laquelle sont confrontés ses bénéficiaires. L’ouverture de leurs droits et le calcul de leurs allocations s’avèrent un vrai casse-tête. Sans compter des retards accumulés dans les versements de leurs indemnités. Son efficacité est également mise en doute par une étude publiée en 2011 par la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars). 85% des travailleurs sociaux y déclarent que les sorties du dispositif (le fait de retrouver un emploi pour un allocataire) sont «peu ou très peu fréquentes». Une situation qu’aggrave l’actuelle crise économique et sociale. «Le nombre de radiations par Pôle emploi est très marginal», constate la Fnars. Quant aux contrats uniques d’insertion testés par l’Etat dans certains départements, ils soulèvent l’indignation de nombreux organismes qui dénoncent le risque de stigmatisation des allocataires du RSA obligés de travailler sept heures par semaine afin d’être payés au Smic. 

«Ce qui est humiliant, c’est de devoir toujours justifier sa pauvreté», déclare François Soulage, président du Secours catholique. Ces personnes n’ont pas choisi la situation dans laquelle elles sont.» Pour le mensuel de critique sociale CQFD, «il s’agit ni plus ni moins de fourguer aux employeurs, un nouveau bataillon de salariés jetables». Face à ce bilan mitigé du RSA, la commune du Blanc-Mesnil, elle, reste fidèle à sa tradition de solidarité envers ses habitants les plus démunis. Dans le cadre d’une convention signée avec le conseil général de Seine-Saint-Denis, la Ville a créé dès 2009, une structure spécialement dédiée aux bénéficiaires locaux du RSA pour les aider dans leur recherche d’emploi.

«Il s’agit d’un véritable service public de proximité que nous avons décidé de mettre en place à leur intention», précise Françoise Langlois, adjointe au maire chargée des solidarités. «Notre objectif est d’inscrire les allocataires dans un parcours d’insertion durable, explique Marie-Christine Lesellier responsable du service insertion/projet de ville RSA du Blanc-Mesnil. Nous devons tenir compte des spécificités de chacun(e) pour leur redonner confiance en eux, faciliter leur vie quotidienne et ainsi favoriser leur retour à l’emploi. Nous les accompagnons individuellement dans leurs projets d’insertion. Nous leur  proposons également de participer à différents ateliers (recherche d’emploi, hygiène de vie et santé, informatique) tout au long de l’année afin de mettre toutes les chances de leur côté.»

  

«Je suis vraiment fière de moi»

Sabrina, la cinquantaine, bénéficie du RSA depuis sa création en 2009. Avant, elle était au RMI. Dans le cadre du projet de ville insertion/ RSA, elle a suivi une formation en 2010 afin de devenir assistante de vie aux familles. «Ma conseillère m’a aidée à faire les démarches, explique cette mère de deux enfants. J’ai aujourd’hui un diplôme et un emploi à mi-temps d’aide aux personnes âgées qui me plaît. Je suis vraiment fière de moi.» Sabrina touche 500 à 600 euros par mois de salaire auquel il faut ajouter 375 euros de RSA. «Je ne touche que le Smic, mais ça va quand même mieux financièrement. Je ne m’accorde pas encore de loisirs car je préfère mettre de l’argent de côté. La vie est de plus en plus chère, surtout la nourriture. Je suis contente, mon employeur vient de me renouveler mon contrat pour deux ans.» Le cas de Sophie (*) est beaucoup plus atypique. «Jusqu’à très récemment, je travaillais avec mon mari, artiste, sans percevoir de salaire. J’ai bénéficié du RMI puis du RSA.» En mars 2011, cette trentenaire dynamique a décidé de changer complètement de voie. «J’adore cuisiner. Je me suis lancée dans l’organisation de banquets et de repas de famille. J’ai pris le statut d’auto-entrepreneur tout en demandant de l’aide à des mamans de mon quartier du sud du Blanc-Mesnil, explique cette graphiste de formation. Mon activité marche plutôt bien. Plus tard, j’aimerais monter ma propre structure d’insertion où j’embaucherais les mamans qui m’ont donné à coup de main.» Un bel exemple de reconversion. Car pour les allocataires du RSA, s’en sortir relève bien souvent du parcours du combattant. «Il faut du courage et de la patience. Mais avec de la volonté, on finit par y arriver», assure Sabrina.

Jonathan Rapaport

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