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PSA : les raisons de la colère

Publié le 14.02.2012

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT et ouvrier-cariste à l'usine PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay-sous-Bois, explique les raisons et les enjeux de la mobilisation du 18 février.

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT et ouvrier-cariste à l'usine PSA Peugeot-Citroën
© Américo Mariano

Pourquoi cette manifestation ?
Pour refuser la fermeture programmée de l’usine d’Aulnay, qui enverrait 3 300 salariés rejoindre les millions de chômeurs. Sans compter les sous-traitants et les fournisseurs. On sait que pour un emploi industriel, il faut compter trois emplois liés. Ce serait une catastrophe pour près de 12 000 familles !

Comment savez-vous que l’usine est menacée de fermeture ?
En juin 2011, la CGT a révélé le contenu d’une note confidentielle de la direction de PSA, rédigée en 2010. Ce document décrit les étapes de la fermeture de plusieurs usines du groupe, dont celle d’Aulnay-sous-Bois d’ici janvier 2014, en précisant que le gros des licenciements devra se faire après les échéances électorales ! Bien que PSA ait cherché à désamorcer l’affaire, le calendrier de fermeture s’applique comme prévu. Le 15 décembre dernier, Aulnay a annoncé la suppression de 196 postes pour 2012.

Même si c’est toujours trop, 196 postes ce n’est pas 3 000 et PSA a fait appel à des départs volontaires, non ?
Il faut mettre beaucoup de guillemets à volontaires, il y a des pressions énormes ! Et désormais, c’est fini. Ceux qui restent ne veulent pas partir. Le prochain coup, c’est un plan massif. En 2004, Aulnay comptait 7 000 salariés, c’était le site qui sortait le plus de véhicules, 418 000 cette année-là. Aujourd’hui, c’est 135 000. En 2008, ils ont fermé la moitié de l’usine. En 2010, ils ont supprimé l’équipe de nuit. En 2012, ils veulent virer tous les intérimaires. Et d’ici fin 2013, passer de deux à une seule équipe. On vide l’usine méthodiquement pour fermer le site début 2014.

Pour quelle raison PSA voudrait-elle fermer Aulnay ?
Ce n’est Pas par peur de la faillite ! En 2011, malgré la crise, PSA a failli égaler son propre record de ventes. M. Varin, le PDG, l'homme qui touche 9 000 euros par jour week-end compris, s'est vanté que l'entreprise s'était enrichie en traversant la crise et disposait d'une trésorerie de 11 milliards. Le but de la fermeture, c’est d’augmenter le taux d’utilisation des machines sans augmenter la production. Faire tourner les usines de Poissy et de Mulhouse 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Pour faire plus de profits, PSA veut surcharger de travail les ouvriers de ces sites, leur imposer le travail de nuit et le week-end en y transférant la C3 produite à Aulnay, dont les salariés seraient envoyés à Pôle Emploi.

Que proposez-vous ?
Une répartition des productions entre les usines du groupe pour que tout le monde puisse travailler. Le maintien de tous les emplois à Aulnay jusqu’à la fin de la production de la C3 en 2016 et l’attribution d’un nouveau véhicule. Les bénéfices de PSA sont le fruit du travail de ses salariés, il doit servir à maintenir l’emploi et développer l’industrie en France. En plus, l’Etat a octroyé des milliards d'aides publiques à PSA : prêt de 3 milliards à taux réduit, crédit impôt recherche, dégrèvement fiscaux, allègements de cotisations sociales… Cet argent ne doit pas servir à jeter des gens à la rue. Cette logique-là, ça suffit !

 

Propos recueillis par François Toulat-Brisson

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