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La Justice en garde à vue

Publié le 29.09.2011

Le festival Action ! récidive. Sa seconde édition met la Justice en examen. Dix-sept films et de nombreux invités passent en comparution immédiate au cinéma Louis Daquin.

C Inema engage
© Graphisme : Jérôme Charbonnier

 

Après le thème du travail vu par le 7ème art, choisi l’an dernier, Action !, festival du cinéma engagé, s’intéresse à la Justice. Histoires de procès ou enquêtes sur les dessous d’affaires célèbres ou secrètes, réquisitoires ou plaidoiries, nombre de films abordent le sujet. « La justice a toujours intéressé les cinéastes, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, explique Corentin Bichet, le directeur du cinéma municipal. D’autant qu’il y a un côté théâtral dans les procès, qui passe bien à l’image. Après les critiques du gouvernement envers les juges, mais aussi avec les suites des affaires Clearstream, Bettencourt, Strauss-Kahn ou même le retour du scandale d’Outreau, le thème de la justice s’est imposé ». La programmation propose des œuvres de qualité, avec matière à débattre.

«L’émotion est garantie, les films ne sont pas sordides, rassure Corentin Bichet. Certains sont parfois un peu déprimants, mais il y en a aussi de très optimistes.» Sidney Lumet, Clint Eastwood, Raymond Depardon, Jean-Xavier de Lestrade, Vincent Garenq, Costa-Gavras… La programmation propose même Du silence et des ombres de Robert Mulligan en séances spéciales pour le jeune public, avec une animation de Claudine Lepallec-Marand, enseignante en cinéma.
Grâce aux invités et aux passionnés du cinoche qui fréquentent le festival, les débats promettent d’être passionnants. En plus des réalisateurs et des scénaristes, des avocats et des spécialistes de la justice viendront mettre leur grain de sel à l’issue des projections.

«Programmer des films français et américains va permettre de comparer les deux systèmes de droit des deux pays, qui sont très différents, ajoute Corentin Bichet. Aujourd’hui, beaucoup de gens pensent que le système judiciaire français ressemble à ce qu’ils voient dans les séries américaines.»
Pour le dernier jour, le festival a choisi de mettre en avant une thématique sur la peine de mort qui coïncidera presque avec l’anniversaire des 30 ans de son abolition en France. Amateurs de cinéma, férus de droit, engagés contre l’injustice, le festival attend votre verdict.

 

Focus sur trois films

12 hommes en colère. Un film de Sidney Lumet. Etats-Unis, 1957, 1h35, vost. Drame.
Douze hommes composent le jury qui doit voter à l’unanimité la culpabilité ou l’innocence d’un jeune homme de 18 ans accusé du meurtre de son père. Onze l'estiment coupable, un seul s’insurge et argue que la sentence de mort pour un homme dont on ignore s’il est véritablement coupable mérite d’être discutée. Sidney Lumet livre un huis-clos angoissant et explosif sur fond de critique du système judiciaire américain, des avocats commis d’office et de la peine de mort. Un véritable chef-d’œuvre.
Mardi 4 octobre à 18h30.

Du silence et des ombres. Un film de Robert Mulligan. Etats-Unis, 1963, 2h09, vost. Drame.
Pendant la Grande Dépression, dans une petite ville d’Alabama, Atticus Finch, avocat intègre, veuf et père de deux enfants, est commis d’office pour défendre un homme noir accusé du viol d’une femme blanche. L’histoire, vue à travers les yeux des enfants de l’avocat, devient le symbole du jugement de l’Amérique raciste des années 30. Inspiré du livre To kill a mockingbird de Harper Lee, le film est magnifiquement interprété par Gregory Peck qui a reçu, cette année-là, l’Oscar du meilleur acteur, pour son rôle de défenseur de ses enfants, des Noirs et de la morale.
Mercredi 5 octobre à 14h30 et dimanche 9 octobre à 10h30. Ces séances, destinées au jeune public (à partir de 11 ans), seront animées par Claudine Lepallec-Marand, enseignante en cinéma.

Un coupable idéal. Un documentaire de Jean-Xavier de Lestrade. France, 2001, 1h51, vost.
En mai 2000, à Jacksonville aux Etats-Unis, Brenton Butler, un adolescent afro-américain, est accusé du meurtre d’une touriste blanche. Aux yeux de tous, il fait office de coupable idéal. Mais ses avocats, Ann Finnell et Patrick McGuinness, ont choisi de se battre pour dénoncer les méthodes de la police locale et faire de ce procès un exemple. Le système judiciaire américain se trouve ainsi remis en question. Un coupable idéal a reçu l’Oscar du meilleur documentaire en 2002.
Samedi 8 octobre à 18h30, en présence du réalisateur.

 

Voir également l'article sur "Présumé coupable", le film de Vincent Garenq : http://www.blancmesnil.fr/rencontre_avec_vincent_garenq_realisateur_du_film_presume_coupable.html

Marie-Carolyn Domain

Festival du film engagé
Du 4 au 9 octobre, au cinéma Louis Daquin.
Programme complet sur le site
http://cinemalouisdaquin.fr


 

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