Il était une voix Laurence Allison…
Publié le 30.01.2012
Tout en swing et en rythme, la chanteuse, en résidence au Deux Pièces Cuisine, a montré tout son talent lors d’un «concert-conférence» sur l'histoire du jazz à la médiathèque Edouard Glissant.

© Photos Michel Le Moine
Quand la voix vous transporte… Le 21 janvier, la médiathèque Edouard Glissant s’est transformée tour à tour en champ de coton bercé par les accents des esclaves noirs-américains, en boîte de jazz ou encore en chœur d’église vibrionnant de gospels. Tout cela grâce à la voix et au piano du duo Laurence Allison-Rémi Toulon. En résidence jusqu’à la fin mars au Deux Pièces Cuisine, la chanteuse faisait en effet une incursion à la Médiathèque pour, expliquait-elle en guise d’introduction, «un concert-conférence interactif». Bref, pour le public présent, il s’agissait de hausser un peu le ton à mesure que lui était retracée «la traversée du jazz à la voix».
Tout commença donc avec «quelques vocalises d’échauffement» : ahouaouahoau si cela vous tente. Dans l’assistance, on respirait… On était loin, en effet, de l’intitulé très sérieux du programme du jour où il était question de «retracer de façon chronologique les conquêtes du chant sur l’espace musical du jazz». Rassurez-vous, l’exercice fut beaucoup moins formel que ne le laissait supposer la formation classique de Laurence Allison qui a commencé l'étude du chant et du piano dès 5 ans. Mais ça, c’était avant qu’elle ne fréquente les boîtes de jazz, ses 18 ans révolus, pour bifurquer vers une carrière de jazz-woman au tournant des années 80-90.
Mais reprenons la conférence du jour à son début. Précisément au temps de l’esclavage en Amérique du Nord. «Les esclaves venus d’Afrique, qui ont eu leurs instruments de musique confisqués, se mettent alors à chanter, raconte Laurence Allison. Dépossédés de tout, il ne leur reste que leurs voix.» Le jazz, héritage des chants de travail des esclaves - les work songs - et de leurs chants religieux - les gospels - est un «roulement de trompette» en train de naître. La suite ? On vous la livre en accéléré au rythme d’une bande-son qui va voir un style musical se démultiplier au fil des décennies entre swing, jazz-fusion, free-jazz ou autre latin-jazz.
Chacun sa voie donc et peut-être bientôt la vôtre avec un x à la fin puisque Laurence Allison organise en février et en mars deux masters classes «dédiées à la voix», prélude à un concert au Deux Pièces Cuisine, le 31 mars. «Il faut une petite tessiture», prévient quand même celle qui passe d’Ella Fitzgerald à Carmen McRae en un quart de note. Alors comme Cab Calloway, vocalisez après moi : «Zah zuh zah, hi de hi de ho…»
Master Classe le 11 février et le 15 mars.
Renseignements au 01 48 69 99 97.








Frédérick Decock
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