Chasseurs d'épaves
Publié le 16.12.2011
Une vingtaine de véhicules ventouses ou épaves sont enlevés chaque mois au Blanc-Mesnil, grâce à un partenariat initié par la Ville avec les bailleurs et la police.

© Américo Mariano
«J'en ai marre de déposer des mains courantes au commissariat, d'appeler la police ou le pôle de tranquillité publique pour leur signaler des voitures sur cales, sans roues ou complètement dégradées, stationnées depuis une quinzaine de jours, voire trois semaines, sur les rues d'Aulnay, du Sémaphore ou sur le parking de la gare RER», déclare Thierry, un Blanc-Mesnilois en colère contre les abus de ses voisins du quartier et d’autres habitants de la commune. «Au bout d'un moment, on baisse les bras, témoigne-t-il, et il faut qu'un véhicule soit incendié pour voir les choses bouger.» Pourtant ces voitures, camions et deux roues à l'abandon sur les voies publiques et privées font l'objet de toute l'attention de la commune depuis qu'un contrat local de sécurité a été signé en 1999 notamment par la Ville, le ministère de l'Intérieur et le procureur de la République.
«La rue n'est pas un lieu privatif et plusieurs textes de loi existent interdisant le stationnement sans titre ni droit », explique Bruno Marandola, directeur du pôle de tranquillité publique, qui facilite et coordonne les actions relatives aux véhicules ventouses, épaves ou déchets (1) avec le commissariat du Blanc-Mesnil et le fourriériste Nonneville Dépannage. En application des textes légaux en vigueur (2), la procédure commence par l'identification du propriétaire du véhicule qui est mis en demeure de le déplacer dans les quinze jours suivant la réception du courrier. Passé ce délai, le véhicule est signalé à la police et conduit en fourrière.
Nonneville Dépannage, l'unique fourriériste agréé par la préfecture de Seine-Saint-Denis pour la ville du Blanc-Mesnil, intervient deux fois par mois - voire plus pendant certaines périodes de l'année - sur le territoire communal pour enlever les véhicules signalés sur les voies et parkings publics ainsi que dans les parcs de stationnement des cités, des résidences et des copropriétés privées.
Un véritable travail de fourmi mené par le fourriériste, en partenariat avec la Ville, en partenariat avec les agents de surveillance de la voie publique du Blanc-Mesnil, avec le commissariat (deux fonctionnaires de police sont systématiquement envoyés sur place), sans oublier la présence d'un représentant du bailleur ou du syndic de copropriété concerné. Pour un résultat conséquent : vingt à vingt-cinq véhicules ventouses, épaves ou déchets enlevés par mois. «Dans ce domaine, Le Blanc-Mesnil a joué un rôle précurseur en simplifiant la procédure et en la formalisant par une convention avec le fourriériste, les bailleurs sociaux, les syndics et le commissariat», déclare Marc Soury, l'adjoint au maire délégué à la tranquillité publique. C'est en novembre 2008 que cet élu avait lancé, au nom du maire Didier Mignot, un appel à «fédérer l'ensemble des énergies» au cours d'un groupe de liaison Cadre de vie réunissant des représentants de la Ville, du commissariat, du conseil général de Seine-Saint-Denis et des principaux bailleurs privés du Blanc-Mesnil. Un an plus tard, trois bailleurs sociaux ont signé la convention avec Nonneville Dépannage.
Aujourd'hui, ils sont plus d'une quinzaine de signataires. «La contribution à la tranquillité publique ne peut être atteinte que par une démarche de coproduction entre la Ville, la Police nationale, les bailleurs et les habitants», souligne Marc Soury. Nous souhaitons que ce système se pérennise et ne soit pas remis en cause par le manque d’effectifs suffisants de la Police nationale sur notre commune.»
(1) Le Code de la route interdit le stationnement consécutif de plus de sept jours. Au-delà de ce délai, le véhicule dit ventouse est en infraction. Il est qualifié d'épave lorsqu'il est privé d'éléments indispensables à sa conduite dans des conditions normales de sécurité. Il devient un déchet quand il n’est plus identifiable (absence des plaques d’immatriculation).
(2) Codes de la route (art. R 417-12 ; L 325-1...), de l'environnement (L 541-3) et des collectivités territoriales (L 2212-2).
vobiscum.
Nadia de Almeida
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