Nom de lieu : la place Gabriel Péri
Publié le 30.01.2012
L’esplanade du centre-ville inaugure une nouvelle rubrique qui explorera l'origine des noms de lieux, de rues ou de places du Blanc-Mesnil.

Le «mail» de planches de la place de l'Eau, son «ruisseau», ses bancs sous les bouleaux et le grand cèdre sont devenus des lieux de rendez-vous prisés des Blanc-Mesnilois.
© Américo Mariano.
La grande place qui tend un miroir d’eau à l’hôtel de ville porte le nom d’un homme engagé, lucide et exigeant. Gabriel Péri est né en 1902, à Toulon. Il s’engage très tôt en politique, puisqu’il adhère dès 1917 aux Jeunesses socialistes marseillaises puis rejoint le Parti communiste dès sa création, en 1920. A 18 ans, il entre dans une entreprise de navigation.
Sa protestation contre la guerre du Rif, au Maroc, le conduit une première fois en prison. Loin de le décourager, l’expérience le porte vers plus d’activité politique, particulièrement par la plume : il collabore à diverses publications, surtout à la revue Clarté, fondée par Henri Barbusse et Paul Vaillant-Couturier. En 1924, à 22 ans, il devient chef du service politique étrangère du journal L’Humanité. Député d’Argenteuil en 1932, réélu en 1936, Gabriel Péri s’impose comme l’un des parlementaires les plus compétents dans le domaine des relations internationales.
Ses discours à l’Assemblée et ses articles dénoncent, avec force, l’agression de l’Italie mussolinienne contre l’Ethiopie et défendent la république espagnole. Il incarne la «ligne» officielle du PCF lors des débats consacrés à la signature des accords de Munich en 1938, qu’il qualifie de «Sedan diplomatique» annonçant la guerre. La signature du pacte germano-soviétique, fin août 1939, suscite sa stupeur. Opposé au nouveau discours de son parti, dénonçant pendant quelques mois une «guerre impérialiste», il est de ceux qui contribuent à le ramener à une politique d’union contre le nazisme. En 1940, il doit se cacher pour échapper au mandat d’arrêt lancé contre les députés communistes.
Trahi, dénoncé et arrêté le 18 mai 1941, il est fusillé le 15 décembre, au Mont Valérien, avec soixante-quatorze autres otages, dont Joseph Darriet, maire-adjoint au Blanc-Mesnil.
Justement, revenons au Blanc-Mesnil. Au début du 20e siècle, la place actuelle est occupée par des maisons et une rue baptisée Jean Jaurès en 1919. Depuis les années 30, une «place de la nouvelle mairie», se trouve à son extrémité Est, mais sans mairie ! La construction d’un nouvel hôtel de ville, planifié en 1938, a été repoussée par la guerre et n’aboutira qu’en 1967 ! Entre-temps, en décembre 1957, la rue Jaurès et la placette sont renommées Gabriel Péri. En 2005, un aménagement agrandit la place et dégage une large esplanade qui accueille la place de l’Eau.
Cette œuvre réalisée par l'artiste Jean-Luc Vilmouth, le paysagiste Bertrand Paulet et l'architecte urbaniste Rémy Viard, et initiée en 2000 par le maire de l’époque, Daniel Feurtet, rappelle la présence forte de l'eau sur notre territoire, avec ses deux anciennes rivières, la Morée et la Molette, et ses marécages au Sud. La pellicule d'eau, recouvrant le bassin principal, apparaît et disparaît comme au rythme de marées mystérieuses. A sec, il peut accueillir fêtes et manifestations de la ville. En eau, il fait la joie des enfants ou des amateurs de fraîcheur en été. Son «mail» de planches, son «ruisseau», ses bancs sous les bouleaux et le grand cèdre sont devenus des lieux de rendez-vous prisés des Blanc-Mesnilois. Y compris de quelques grenouilles pas assez gourmandes en moustiques…
Merci au service municipal des ressources documentaires et du patrimoine.
Frédéric Fuzier
photo DR
En un clic
