Lycée Jean Moulin: un remède de cheval
Publié le 09.11.2011
Depuis deux ans, des élèves du lycée Jean Moulin font de l'équitation pour vaincre leurs difficultés scolaires. Une expérience positive qui les remet en selle !

© Michel Le Moine
L’équitation pour reprendre confiance en soi. C’est l’idée originale qu’expérimente avec succès depuis deux ans le lycée Jean Moulin. «Beaucoup d’élèves avaient intégré le fait qu’ils étaient nuls, qu’ils n’y arriveraient jamais. Ils avaient pour habitude de rendre copie blanche en cours, souligne Sophie Binet, conseillère principale d’éducation au sein de l’établissement scolaire. Le cheval leur permet de vaincre leurs appréhensions, de se dominer et au final de faire les choses.» Pour Patricia Sauvaget, professeur d’éducation physique et sportive en charge du projet, «les ados ressentent et expriment des émotions auxquelles ils n’auraient pas pensé. Ils apprennent également les notions de cohésion et d’entraide.»
Au centre équestre UCPA de La Courneuve fin octobre, dix-huit lycéens de la même classe de terminale CAP vente, divisés en deux groupes, entament leur deuxième séance de l’atelier «remobilisation par l’équitation». Au programme de la matinée : premier contact avec l’animal. Les élèves ne sont pas rassurés par cette bête qui en impose et ne se laisse pas faire. Ils caressent la monture du bout des doigts, à distance respectable. «On aborde toujours le cheval au niveau de l’épaule. Plus vous vous approchez, plus il sera gentil», précise Anne-Sophie Breil, monitrice d’équitation. Les ados commencent par nettoyer l’animal avec des brosses sur tout le corps avant de lui curer les pieds.
«J’avais un peu peur au début, avoue Myriam. Mais maintenant ça va mieux.» «Avec cet exercice, Myriam a repris confiance en elle», se félicite Sophie Binet. Au bout d’une heure, les progrès se font sentir. On n’hésite pas à se serrer les coudes entre élèves. «Le cheval leur enseigne le respect, affirme Anne-Sophie Breil. Il sait très bien se faire comprendre. L’objectif est que l’attitude positive des jeunes se répercute ensuite dans leur vie de tous les jours.» Avant de clore la séance, les ados s’entraînent à seller une monture. Les premiers moments sur le dos du cheval et des exercices de voltige sont prévus pour janvier. Bradley, 16 ans, sort enthousiasmé du centre équestre. «J’adore cet animal. Il est beau, intelligent et sait nous écouter.» Le cheval sera au centre de nombreuses activités artistiques (dessins, bandes dessinées, poèmes, slams) tout au long de l’année avec les enseignants mais aussi le Forum et la Médiathèque. L’équipe éducative dresse un bilan largement positif d’une expérience qu’elle pense poursuivre à la rentrée prochaine. «De retour en classe, ils sont plus ouverts et paniquent moins lors des examens», se félicite Sophie Binet. De quoi redonner de l’ambition aux ados. «Plus tard, j’aimerais travailler dans le commerce, projette Myriam. Et pour me détendre le week-end, je me vois bien faire des balades à cheval !»
Jonathan Rapaport
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