L'emploi au coeur
Publié le 13.01.2012
Depuis onze ans, la Régie de quartier permet à des personnes au chômage ou en parcours d'insertion de retrouver du travail et de se former.

© Michel Le Moine
«Aujourd'hui, on rebouche les trous et on peint.» Kadri, recouvert de plâtre, est en plein boulot. «Ça fait presque un an que je suis à la Régie et j'ai déjà effectué toutes sortes de travaux, comme ramasser les encombrants ou entretenir les espaces verts. J’apprends plein de choses qui me seront utiles pour un métier.» Au Blanc-Mesnil, la «Régie», ce n’est pas le diminutif des usines Renault comme en parlaient autrefois les ouvriers de Billancourt. Installée au cœur du grand ensemble des Tilleuls depuis onze ans, la Régie de quartier est une association loi 1901 qui aide les personnes sans emploi de longue durée ou en parcours d'insertion. A ses débuts, elle n’était active que dans les quartiers du nord de la ville. Au fil du temps, elle a élargi son champ d’action à l'ensemble de la commune.
La Régie ne se substitue pas à Pôle Emploi. D’ailleurs, il faut obligatoirement être inscrit à l'organisme officiel pour y postuler. «La plupart du temps, c'est Pôle Emploi qui nous adresse des candidats», précise Djamel Amghar, coordinateur technique à la Régie. Contrairement aux idées reçues, l’association n’emploie pas de bénévoles : les travailleurs de la Régie sont rémunérés pour leur travail, dans des secteurs d'activités multiples. «Peinture, maçonnerie, repassage, espaces verts, nettoyage de locaux intérieurs ou urbains, déménagements ou vide-greniers… Il y a toujours de quoi faire, s’exclame Djamel Amghar. Nos principaux clients sont les bailleurs, les municipalités, certaines entreprises ou tout simplement les particuliers.» Notamment des personnes âgées, souvent seules et devenues incapables d'effectuer de petits travaux à leur domicile.
«Entretenir un jardin, monter un meuble ou une étagère… Des tâches trop modestes pour qu'un professionnel se déplace. C'est là que nous intervenons, précise Carole Ferrini, directrice adjointe de l'association. En même temps, cela permet de renouer un contact humain parfois perdu, au bénéfice du travailleur comme de la personne âgée.»
Inutile d'être déjà fortement qualifié pour postuler à la Régie. La vocation de l'association est d'accueillir les gens de bonne volonté, de l'ancien professionnel au chômage au néophyte qui pourra se former à la Régie. «Nous proposons un large panel de formations dans de multiples secteurs d'activités, ce qui permet aux candidats d'améliorer des compétences déjà acquises au cours de leur vie professionnelle antérieure, ou d'en obtenir de nouvelles pour ceux qui veulent changer de domaine.»
C’est le cas d’Alain, par exemple. «Je suis à la Régie depuis un mois. Ils recherchaient un peintre, et moi un emploi. J'ai vingt-cinq ans d'expérience dans le bâtiment mais je voudrais faire autre chose. Grâce à la Régie, je vais bientôt commencer un stage de gardien d'immeuble, ça m'intéresse beaucoup !» La Régie de quartier n'a de limites que celles imposées par la loi, une durée maximale de contrat de deux ans, sauf pour les travailleurs handicapés et les personnes de plus de 50 ans, qui pourront voir leur contrat prolongé de deux années supplémentaires. Mais le but de l'association est avant tout de servir de tremplin en vue d'obtenir un emploi durable, en acquérant une expérience précieuse et des compétences supplémentaires. «La Régie de quartier, c'est tout simplement une structure d'insertion par l'activité économique, dont l'objectif est l'amélioration du cadre de vie au sens large du terme», conclut Carole Ferrini.
La Régie de quartier, 11-13 allée Pierre de Montereau, 01 48 67 83 43
Frédéric Fuzier
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