Cinéma Louis Daquin: le numérique est arrivé
Publié le 09.02.2011

© Américo Mariano
Les cinéphiles blanc-mesnilois vont pouvoir s’en mettre plein les mirettes ! Depuis le 7 septembre, la plupart des films à l’affiche au cinéma Louis Daquin sont diffusés en numérique. Les salles sont désormais équipées d’un matériel dernier cri. Grâce aux deux nouveaux projecteurs avec serveur intégré, un boîtier 3D et bien sûr les fameuses lunettes, à vous le dernier Disney ou Tim Burton en relief ! Coût total de l’opération ? 150 000 euros, financés à 80% par la Région et le Centre national de la cinématographie (avec une contribution des distributeurs de films) et 20% par la municipalité. «La qualité des projections sera sensiblement améliorée avec une image plus fixe, sans rayures et avec des sous-titres plus visibles, note Corentin Bichet, le directeur du Louis Daquin. C’est la fin de l’usure des copies puisqu’il n’y a plus de pellicule. Tout passe par ficher informatique.»
Une évolution plutôt écolo : adieu les 20kg de pellicule à transporter d’un cinéma à un autre. Place désormais aux fichiers sur disque dur beaucoup plus légers et bien moins encombrants ! Le modèle économique de l’industrie cinématographique est également amené à évoluer. Les petites salles auront par exemple beaucoup plus de facilité à se procurer les films, notamment les blockbusters, que les distributeurs réservaient en priorité aux multiplexes.
«Nous pourrons rediffuser les longs métrages plus facilement puisqu’il n’y aura plus besoin de restituer les copies. La programmation sera dès lors plus variée», se réjouit Corentin Bichet.
Afin de réaliser les travaux, les Blanc-Mesnilois ont été privés de grand écran du 31 août au 6 septembre. «En règle générale, il nous faut au moins deux jours pour installer tout le matériel, détaille Guillaume Morize, technicien de projection pour la société Tacc, entreprise spécialisée dans l’installation d’équipements cinématographiques. Notre activité n’a cessé de se développer. Ces derniers temps, nous n’arrêtons pas une minute ! Aujourd’hui en France, environ 50% des cinémas sont équipés en numérique.» Le 7 septembre, petits et grands ont vécu leur première expérience en 3D au Louis Daquin avec la projection du film Cars 2, le dernier-né des studios Disney-Pixar.
Cette séance a été lancée, comme à son habitude, par le projectionniste qui verra irrémédiablement son métier changer. «Avec le passage au numérique, tout est désormais automatique et programmable à distance, explique Corentin Bichet. C’est la fin du projectionniste à l’ancienne. Au Louis Daquin, d’autres tâches lui seront attribuées.» Le numérique, une révolution donc, pour le petit monde du 7e art.
Jonathan Rapaport
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