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De retour des camps de réfugiés

Début mars, des membres de l’association blanc-mesniloise Lumière et Couleurs 93 se sont rendus sur la frontière libyenne pour aider le Croissant Rouge tunisien.

 

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© Lumière et Couleurs 93

 

Zarzis et Ben Gardane, au sud du golfe de Gabès, sont des noms connus des touristes qui séjournent sur la presqu’île tunisienne de Djerba. Depuis fin février et le début du soulèvement en Libye, ce ne sont pas des vacanciers qui se sont installés dans cette région, mais des centaines de milliers de réfugiés. Neuf jeunes Blanc-Mesnilois de l’association Lumière et Couleurs 93 (*) sont allés prêter main-forte aux ONG (organisations non gouvernementales) dans les camps de réfugiés de la frontière tuniso-libyenne. Le président de l’association, Haikel Drine, raconte. 

Comment vous êtes-vous retrouvés là-bas ?
Nous travaillons depuis des années avec le Croissant Rouge tunisien, sur des projets divers, l’initiation à l’informatique de jeunes handicapés, des jumelages avec des associations sur place, sur le cinéma, l’environnement. Quand nous avons appris que des réfugiés fuyant la Libye arrivaient en masse en Tunisie, j’ai demandé à mes interlocuteurs s’ils avaient besoin d’un coup de main. Ils m’ont dit «on a besoin de gens prêts à aider jour et nuit». Nous avons pris dix jours de vacances et nous sommes partis. Plusieurs camps avaient été installés entre Zarzis et la Libye. Nous avons été affectés à celui de Ras Ajdir sur la frontière.

Qui étaient les réfugiés ?
Des gens qui travaillaient en Libye, seuls ou en famille, de tous métiers et de toutes nationalités : Africains sub-sahariens, Asiatiques (Chinois, Coréens, Japonais, Indiens…), Européens (Français, Italiens, Grecs…). La plupart avaient tout laissé derrière eux, emportant le strict nécessaire. Certains avaient été menacés ou rackettés, la plupart étaient terrorisés. Les ressortissants de pays du Maghreb repartaient presque immédiatement de suite, mais les autres restaient entre 72 heures et une semaine maximum.

Comment était organisé le camp ?
Dès leur arrivée, les réfugiés passaient une visite médicale. Ensuite ils étaient répartis dans des campements par nationalité, pour permettre aux ambassadeurs qui venaient les rapatrier de ne pas les chercher partout. Chaque zone était équipée de toilettes de chantier, de douches, d’un accès téléphone et Internet. L’armée assurait la sécurité. Quand nous sommes arrivés, des ONG algériennes, marocaines, émiraties et turques étaient venues en renfort. Le camp était devenue une ville de 50 000 personnes.  Quand nous sommes repartis, l’ONU et Médecins sans frontières étaient arrivés, et le camp comptait 230 000 personnes !

Et vous, que faisiez-vous ?
Notre travail, c’était d’organiser le séjour sur place et le retour des réfugiés dans leur pays d'origine. Nous avons été répartis entre plusieurs campements et plusieurs tâches, selon nos compétences. Parler français et anglais était un atout, 80% des réfugiés étant non-arabophones. J’étais responsable de campements asiatiques et européens, et de la communication entre communautés. Farid était chargé de veiller à l’intimité des familles. Un adhérent, qui est chauffeur-livreur, conduisait l’un des cars faisant la navette entre le camp et l’aéroport de Djerba. D’autres ont déchargé l’aide alimentaire et médicale… Nous avons aussi organisé des tournois de foot et de dominos !

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé lors de votre séjour ?
La mobilisation et l’hospitalité tunisiennes, surtout. Bien avant que les ONG ne mettent en place les camps de tentes, les habitants avaient eux-mêmes pris en charge des milliers de réfugiés, les hébergeant, les nourrissant, les soignant, leur apportant des livres et des jeux de société… Alors que leur pays sort d’une révolution !

Propos recueillis par François Toulat-Brisson

(*) Lumière et Couleurs 93 porte des projets socioculturels (cours de langues, initiation à l’informatique…) et sportifs.

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