Cotton n'est pas une poubelle
Publié le 11.05.2012
L'allée derrière le collège sert de déchetterie sauvage. Seule une barrière empêcherait que les immondices ne s'y entassent.

© Michel Le Moine
«Défense absolue de déposer des ordures sous peine de poursuites». Le panneau est bien visible. Les ordures sont pourtant là, défiant la loi et les règles élémentaires d’hygiène. Gravats, ferrailles, pneus et vieux papiers, pots de peintures, matelas éventrés et vitres cassées, postes de TV désossés, haillons… Une décharge sauvage envahit la petite voie située au niveau du 6, rue Yvan Pavlov, au sud de la zone industrielle du Coudray, près de l’autoroute A3. Et surtout juste derrière le collège Cotton, dont c’est l’accès réservé aux livraisons et aux logements de fonction.
Le 3 mai, le principal, Alain Thiriet, a de nouveau alerté le président du conseil général, autorité compétente pour l’entretien des collèges, ainsi que le maire du Blanc-Mesnil et la députée Marie-George Buffet.
«Jusqu’en 2009, une barrière interdisait l’accès à cette voie, explique Alain Thiriet. Depuis qu’elle a été enlevée, cette rue sans nom sert de décharge en toute impunité. Qu’attend-on pour agir ? Qu’un élève se fasse mordre dans la cour par un rat ?» Il y a quelques mois, le chef d’établissement avait surpris un entrepreneur en flagrant délit de déchargement de déchets de chantiers. «Mais monsieur, tout le monde le fait !», s’était défendu le pollueur.
«Les livreurs n’osent plus venir jusqu’ici et moi, je ne peux pas accepter que les palettes ou le personnel de cuisine traversent ce tas d’immondices», déclare le chef cuisinier William Leroy, qui menace de fermer la cantine.
«Hier, les menuisiers venus remplacer les fenêtres ont carrément refusé d’entrer», raconte de son côté Patrick Granger, chargé de la sécurité et de l’hygiène à Cotton. «C’est pourtant un super établissement, mais là nous sommes tous excédés par une situation qui ne fait qu’empirer à chaque retour de vacances, témoigne Farida Bouayad, principale adjointe. Les professeurs ont même envisagé d’utiliser leur droit de retrait.» Le propriétaire de cette allée est la Séquano-Aménagement, société d'aménagement et de construction intervenant en Seine-Saint-Denis. Interpellée par le collège et les services municipaux, elle a fait procéder à un déblaiement partiel le 4 mai.
«Depuis deux ans, nous intervenons régulièrement pour déblayer ces immondices alors que cette voie n’est pas municipale, indique Ludovic Gonin, technicien à la division environnement et développement durable de la Ville. J’ai même dressé des PV mais le civisme étant ce qu’il est, la seule solution est d’installer une barrière mobile dont le collège et EDF aurait la clé.» Le plus tôt sera le mieux.
Nadia De Almeida et François Toulat-Brisson
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