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Université citoyenne : un an après «le printemps», où en est le monde arabe ?

Publié le 30.01.2012

Après un premier semestre consacré aux enjeux énergétiques, l’Université citoyenne aborde la seconde partie de l’année avec un nouveau thème, en pleine actualité.

Université citoyenne Révolutions arabes
© DR. Le soulèvement né en Tunisie en décembre 2010 a fait lever une vague qui allait emporter des régimes parmi les plus autoritaires du monde arabe. En partenariat avec Le Monde Diplomatique, l’Université citoyenne du Blanc-Mesnil revient sur les racines et les développements d’une révolution en cours.

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, jeune vendeur de légumes aux prises avec une administration corrompue, s’immole sur une place de Sidi Bouzid en Tunisie. Qui aurait pu se douter que son geste de désespoir allait entraîner une vague de soulèvements à travers le monde arabe et précipiter la chute de plusieurs régimes ?
Comme une traînée de poudre, le mouvement de contestation s’est étendu des faubourgs de Tunis à la place Tahrir au Caire, de la Libye au Yémen et à Bahreïn puis à la Syrie. Dans de nombreux pays, la répression sanglante n’est pas parvenue à mater la volonté d’obtenir des libertés politiques et une réelle alternance.

Université citoyenne Révolutions arabes«Les peuples arabes, longtemps considérés avec dédain comme étant passifs, n’ont pas seulement renversé des régimes, ils ont balayé des fausses certitudes et renversé le sens d’une histoire dont ils veulent à présent tenir le gouvernail, explique Nicolas Foutrier, coordinateur et animateur des débats de l’Université citoyenne. Contrairement à ce que proclamaient les apôtres d’une économie de marché qui porterait en elle-même la démocratie, celle-ci a émergé d’une revendication des peuples contre des régimes oligarchiques, constitués à la faveur des mesures de libéralisation et de privatisation des années 1980 et 1990. L’Occident s’était alors accommodé du maintien au pouvoir de despotes que l’on voulait considérer comme un moindre mal, comme un ʺrempart face à l’islamisme», un gage de stabilité à l’abri duquel les affaires pouvaient prospérerʺ.»

Université citoyenne Révolutions arabesDe nombreux conflits sociaux ont éclaté en Egypte et en Tunisie dans le sillage des révolutions. C’est le signe qu’au-delà des aspirations à la liberté, l’oubli des revendications à une plus grande équité et à la justice sociale pourrait conduire, comme l’écrit Georges Corm, à de «graves désillusions». L’unité de temps, de lieu et d’action des événements est trompeuse. Dans un monde arabe éclaté, riche d’une longue histoire et de racines philosophiques et culturelles anciennes, ces bouleversements semblent opérer une recomposition selon des lignes de fracture géopolitiques, religieuses, ethniques ou sociales.
L’avenir du «printemps arabe» demeure flou, suspendu aux résultats de transitions démocratiques prometteuses autant qu’incertaines.

Université citoyenne Révolutions arabesLes premiers résultats des élections en Egypte et en Tunisie, ou encore au Maroc, consacrent la montée en puissance des partis confessionnels. Comment comprendre l’essor des partis religieux ? À Bahreïn, le soulèvement a été réprimé par l’Arabie saoudite, avec l’assentiment de ses alliés occidentaux, tandis que ceux-ci précipitaient la chute du régime libyen. Comment l’Occident se positionne-t-il ? Où en est la question palestinienne ? Que se passe-t-il en Syrie? Tout comme Alain Gresh (voir entretien), les chercheurs et spécialistes qui viendront apporter leur éclairage sur ces questions et ces enjeux attendent beaucoup de leur rencontre avec les Blanc-Mesnilois. Rendez-vous dans l’amphi !

Les séances de l’Université citoyenne du Blanc-Mesnil sont gratuites et ouvertes à tous, sans réservation. Retrouvez chaque séance en ligne sur www.blancmesnil.fr

Au programme

Le 6 février. Alain Gresh. Retour sur le printemps arabe : espoirs et incertitudes.
Au Forum, salle Betsy Jolas, à 18h30.

Le 19 mars. François Burgat. Islam, pouvoirs et sociétés arabes.
Spécialiste du monde arabe et de l’islamisme, François Burgat dirige l’Institut français du Proche-Orient à Damas.
Au Forum, salle Barbara, à 18h30.

Le 5 avril. Projection du film Tahrir de Stefano Savona, suivie d’une conférence-débat.
Au cinéma Louis Daquin, à 18h15.

Le 10 mai. Jean-François Legrain. La Palestine absente du printemps arabe ?
Historien spécialiste du mouvement palestinien, Jean-François Legrain a notamment été chercheur à l’Institut français d’études arabes de Damas.
Au Forum, salle Betsy Jolas, à 18h30.

Le 31 mai. Georges Corm. Le Proche-Orient : un paysage éclaté sur le chemin de l’unité ?
Juriste, économiste, historien, Georges Corm est spécialiste du Moyen-Orient et de la Méditerranée. Il a été ministre des Finances du Liban.
Au Forum, salle Betsy Jolas, à 18h30.

En juin. Rencontre-débat avec Alain Gresh, Youssef Courbage. Quel avenir pour les révolutions arabes ?
Démographe, Youssef Courbage a été expert auprès de l’Union européenne et l’Unesco au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Au Forum, salle Betsy Jolas, à 18h30.

 François Toulat-Brisson et Laëtitia Soula

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