Tissages d'images
Publié le 04.11.2011
Des explosions de couleurs sur un concept créatif ! L'exposition de Maeva cence, alias DREEP*, ouvre l'imaginaire et les réactions sont enthousiastes.

© Américo Mariano
Jusqu’au 17 décembre, le Deux Pièces Cuisine fait la part belle à un jeune talent blanc-mesnilois en exposant les œuvres tissées de Maeva Cence, alias DREEP*. A tout juste 21 ans, cette étudiante en art à La Sorbonne présente son travail au public pour la seconde fois, et les premières réactions sont enthousiastes. «Ce qui me réjouis c’est de voir que les gens arrivent à s’approprier mes œuvres en y mettant ce qu’ils ressentent. Chacun y trouve son compte», explique la jeune femme qui a volontairement conçu ses images afin qu’elles restent accessibles au grand public et ouvertes à toute interprétation.
DREEP* a recours à un procédé créatif bien particulier. Il consiste à découper en bandes, rectilignes ou non, deux peintures abstraites ou deux photos de presse, puis à recréer une nouvelle composition en utilisant le tissage de façon aléatoire et subjective. Les supports sont donc éclatés puis reconstruits et les images originales se pixelisent. Chaque tableau donne à voir non pas deux mais trois images contenues en une seule. «Les toiles sont pour moi des laboratoires où je m’amuse à jouer avec les couleurs, les pigments, les matières et les textures», souligne celle qui avoue avoir toujours été marquée par les tableaux de Vassili Kandinsky, spécialiste du déconstruire pour reconstruire.
La jeune artiste se défend pourtant de toute référence. «Je ne veux pas convoquer les outils des autres pour les injecter dans mes images, insiste-t-elle. Sans prétendre révolutionner quoi que ce soit, j’ai à cœur de proposer quelque chose de neuf.» Après trois ans d’exploration des possibilités techniques et esthétiques de ce processus de création, DREEP* a de plus en plus envie de s’intéresser au mariage des idées qu’offre la pratique du tissage, notamment en jouant avec les mots. Si aujourd’hui, ses œuvres sont palpables et bien concrètes, la jeune femme tend vers un concept encore plus novateur.
«J’aimerais utiliser l’espace virtuel comme outil de création. Un espace qui, à mon sens, présente d’innombrables potentialités encore non exploitées», conclut-elle. En attendant, avant votre prochain concert au Deux Pièces Cuisine, prenez le temps de contempler l’exposition, et laissez-vous séduire par ces explosions de couleurs.
Jusqu'au 17 décembre 2011, au Deux Pièces Cuisine. Entrée libre. Pour tout renseignement : maeva.cence@gmail.com.
Delphine Loussert
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