Danses de familles discrètes
Publié le 22.09.2011
Le pari du chorégraphe Daniel Dobbels est une réussite : faire danser ensemble pères, mères, enfants, grands-parents..., tous amateurs, et montrer leur capacité d'invention.

© Michel Le Moine
Pour un chorégraphe, travailler sur le mouvement n’est ni inédit ni original. Ce qui l’est beaucoup plus, c’est d’appuyer un spectacle sur une troupe composée essentiellement de danseurs amateurs venus en famille ! C’est le pari - réussi - de Daniel Dobbels, en résidence au Forum.Aidé des membres de la compagnie de l’Entre-Deux, Daniel Dobbels a consacré un an à monter cette pièce chorégraphique. Un travail où il a fallu à la fois intégrer les liens familiaux et les dépasser. «Heureusement, nous n’avons eu ni scène de ménage ni crise ! C’était la condition sine qua non pour que ça fonctionne.» C’est ainsi qu’est né Danses de familles discrètes, qui sera présenté au Forum le 1er octobre.
«Le spectacle rassemble environ quarante-cinq personnes et dure près d’une heure. Six ou sept enfants se joignent à la pièce pour un moment de danse d’environ quatre minutes», explique Daniel Dobbels. Le fait que les participants soient peu ou pas du tout initiés à la danse a obligé l’auteur à gérer des contraintes nouvelles pour lui, comme le partage de l’espace scénique la scène. «Nous avons voulu un spectacle où les gens ne sont pas en surnombre, où l’espace n’est pas étouffé. Mais ils avaient une forte envie naturelle d’être sur scène. Il a fallu mettre en place une sorte de démocratie de la scène. Ça n’a pas été évident. Il a fallu trouver la matière, travailler sur les improvisations.»
Le geste, omniprésent dans une chorégraphie, a dû être abordé différemment par ces danseurs amateurs. «Il y a dans cette pièce un double mouvement, à la fois singulier et collectif. Il y a des pères, des mères, des frères, des sœurs qui vont partager des gestes entre eux qu’ils ne feraient pas ensemble au quotidien, parce qu’ils pourraient paraître étranges ou gênants», précise Daniel Dobbels. Ce que les familles vivent sur scène, ce n’est plus un geste de tendresse, mais un mouvement de danse. Pudeur, intimité et secret ne sont plus des barrières posées dans la vie commune de la famille. Les gestes deviennent libres. «Il y a un certain rapport à l’espace, à la capacité d’inventer des mouvements qui surprennent les danseurs car cela les renvoie à quelque chose de réellement intime», ajoute Daniel Dobbels
L’idée singulière qui a présidé à la création de ce spectacle le teintera certainement d’une grande émotion. La réussite de Daniel Dobbels, c’est de parvenir à faire oublier que les danseurs qui évoluent sur scène sont en famille. Dès les premiers mouvements, les liens de parenté s’effacent, seuls comptent le geste des danseurs.
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