Aux gammes, citoyens !
En chansons et discussions, les droits et les devoirs des enfants étaient au programme d'un atelier musical. La meilleure façon d'aborder comment bien vivre ensemble.

© Americo Mariano
Cet après-midi-là, les élèves du CE2-CM1 de Mme Phaeton n’ont pas «fait histoire-géo», ils sont allés enregistrer un disque. Nicolas et Michel, animateurs au service municipal de l’ enfance, les attendaient dans une salle de musique. C’était juste avant les vacances de Pâques, à l’école Paul Eluard, sous un beau soleil qui donnait des fourmis dans les jambes. Tout le monde s’est assis en tailleur, sauf la maîtresse.Très vite, la discussion s’est engagée en commentant des tableaux présentant des aspects des droits de l’enfant : l’éducation, la non-discrimination, la protection contre la violence et l’exploitation... Les dessins ont fait réagir, et les chansons de Dick Annegarn, Grégoire, Graeme Allwright, Stéphanie Lignon ou Christophe Maé, rire et réfléchir.
«Sais-tu combien paient tes parents pour t’envoyer à l’école ?», interroge Nicolas. «30 euros», tente une pitchoune, peu sûre d’elle. «Mais non, c’est gratuit, sauf le périscolaire et la cantine !» corrige doctement M’Hamed, du haut de ses 10 ans. L'expérience des animateurs évite tout brouhaha et favorise l’expression de savoirs parfois surprenants. «Quand tu perds à un jeu, qu’est-ce que tu fais ? demande Michel. «Bon, je suis un peu énervée dans ma tête mais je me dis que c’est pas trop grave, j’aurai ma revanche», répond Sarah. Michel chante et joue de la guitare, Nicolas tend le micro relié à l’ordinateur et relance les débats.
Le duo est passé dans de nombreuses classes intéressées et des centres de loisirs. «Ce n’est pas le cas ici, mais bien des enfants confondent religion et nationalité, ou évoquent de bonne foi «l’égalité entre les races», alors qu’il n’y en a qu’une : la race humaine.» «Cet atelier musical sera approfondi en classe, en réécoutant les chansons et les interventions, explique l’enseignante. Nous travaillons sur les droits de l’enfant tout au long de l’année.»
Pourquoi en faire autant sur le sujet ? «Dans nos écoles, poursuit Mme Phaeton, nous rencontrons pas mal de problèmes liés à la difficulté de vivre ensemble. En fait, beaucoup d’enfants savent qu’ils ont des droits individuels mais semblent ignorer qu’ils s’accompagnent de devoirs. Le premier d’entre eux étant de respecter les droits des autres !»
En attendant, sages comme des images, les élèves se mettent en rang pour aller en récré. Nicolas leur distribue les textes des chansons. A la rentrée, fin avril, ils auront leur disque. «Profitez de votre passage à l’école pour vous intéresser aux uns et aux autres, leur confie Michel comme un secret. La paix, ça vient en se connaissant.».
François Toulat-Brisson
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