Atelier Devineau: en plein dans le décor!
Publié le 18.11.2011
Dans la zone de la Molette se niche une caverne Ali Baba : l’atelier de décors François Devineau. Théâtres, boutiques de luxe, concerts, plateaux télé font appel à lui.

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Avant de tomber sur François Devineau, il faut le chercher un peu dans les quatre immenses hangars de son entreprise de décors en tout genre. Après l'avoir trouvé, planchant sur un nouveau projet dans son bureau d'études, on est frappé par la sérénité de l'homme, contrastant avec l'ambiance fourmillante de sa société. D'une voix calme et posée, presque chuchotante, il vous fait rentrer immédiatement dans son monde. Plus qu'un métier ou une vocation, une véritable passion dont l'origine vient de ses années de régisseur au théâtre à Tours. «J'ai toujours eu le goût du beau décor, celui qui magnifie une pièce. En 1985, j'ai décidé d'ouvrir mon premier atelier spécialisé dans la zone industrielle de la Molette.» Au début locataire d'un modeste entrepôt de 500 mètres carrés, François Devineau a vu rapidement son activité s'accélérer au rythme de ses commandes.
«J'ai vite été obligé de m'agrandir. Je guettais le départ des entreprises autour de la mienne, pour m'empresser de reprendre chaque hangar déserté !» Résultat, il est passé de 500 à près de 4 000 mètres carrés… «Et ce n'est pas de trop, je n'ai jamais assez de place pour stocker mes décors.» Il faut dire que l'atelier Devineau exporte son savoir-faire dans toute la France. «Nous travaillons pour de nombreux théâtres parisiens, comme celui des Champs-Elysées ou de La Madeleine. En Province aussi, nous avons récemment réalisé un projet pour Aix-en-Provence.» Mais le travail de l'atelier Devineau ne se borne pas aux théâtres, loin de là.
Si vous entrez un jour dans une boutique Dior, Chanel ou Yves Saint Laurent, il y a des chances que la plupart des décors viennent du Blanc-Mesnil ! «Les magasins, ce n'est pas l'aspect de mon métier que je préfère, mais j'ai beaucoup de demandes…» Et encore, M. Devineau ? «On construit aussi pour les concerts. Notamment celui de la dernière tournée d'Eddy Mitchell.» Théâtre, mode, musique, ne manque plus que la télévision… «Nous avons conçu le plateau de l'émission de télé Les Enfoirés sur TF1. C'est beaucoup de boulot !» Une activité débordante toute l'année, vecteur de nombreux emplois à temps complets ou partiels.
«A l'atelier, nous sommes une douzaine de permanents. Mais nous travaillons régulièrement avec des intermittents du spectacle. Ce qui fait environ 45 personnes en moyenne à l'année.» Des employés qui exercent leurs compétences dans tous les corps de métier. Un décor, c'est parfois en carton, en bois, en métal, en résine, en pierre ou en polystyrène, sans oublier les habillages et les ornements… «Nous avons des menuisiers, des peintres, des sculpteurs, des tapissiers, des couturiers et des métalliers, hommes ou femmes», dont des as de la mécanique, car contrairement à ce qu'on peut croire, un décor de spectacle est rarement une œuvre immobile ! «Beaucoup sont de grosses machineries complexes à la mécanique de précision. D'ailleurs, c'est ce que je préfère largement concevoir, j'adore tout ce qui bouge !» En plein dans le décor, François Devineau, mais avec une maîtrise totale de son art…
Frédéric Fuzier
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