Contrat municipal étudiant : Une bouffée d’oxygène
Publié le 15.09.2011
La vie des étudiants est de plus en plus difficile. La Ville du Blanc-Mesnil leur propose une aide financière en échange d'un soutien scolaire à un collégien.

© Americo Mariano
A quelques jours de la rentrée, c’est le branle-bas de combat pour les étudiants qui n’ont pas encore trouvé de logement. Il faut dire que seuls 7% (*) d’entre eux disposent d’une chambre universitaire. Une fois emménagé dans son minuscule studio, il faut bien payer son loyer (en augmentation de 8,9% en région parisienne), les frais d’inscription à la fac, le transport, la nourriture… En 2010-2011, une hausse de 4,1% du coût de la vie étudiante a d’ailleurs été constatée. Et ceux qui n’ont pas de parents pour les soutenir financièrement, doivent trouver impérativement un job. Ainsi, 68% des étudiants exercent un emploi pour financer leurs études. «Je n’ai jamais vu autant d’amis être obligés de prendre un petit boulot pour vivre, fait remarquer Kahina Mekdem, 21 ans, Blanc-Mesniloise en licence 3 de sciences politiques. Certains vendent ou troquent même leurs vêtements.»
Dans ce contexte, le contrat municipal étudiant (CME) est une véritable bouffée d’oxygène. Lancé il y a sept sans, il permet sous certaines conditions (voir l'encadré) aux Blanc-Mesnilois de recevoir un pécule de 1 000 à 2 000 euros par an en échange d’une heure d’accompagnement scolaire auprès d’un collégien. De 2009 à 2011, Virginie Rahmouni, 26 ans, en master 1 d’histoire à l’université René Diderot, a bénéficié du CME. «Le côté financier m’a bien sûr attirée au début. Mais j’ai aussi vécu une expérience enrichissante. La première année, je me suis occupée d’une jeune fille très motivée avec qui j’ai parlé méthodologie et orientation», assure celle qui est aussi assistante pédagogique à mi-temps au collège Mandela.
Même bilan positif du côté de Michaël Raynaud, 22 ans, étudiant en master 1 d’histoire. «J’ai décidé de me réinscrire cette année car j’ai adoré transmettre mon savoir. Il faut dire que je souhaite devenir prof plus tard. Il s’agit d’un premier pas dans l’enseignement, explique-t-il. J’ai conseillé à mes amies de retirer un dossier. L’une d’entre elles est caissière à Monoprix, une autre est surveillante pour payer son loyer. Le CME, c’est vraiment une bonne idée ! Et si ça leur permet de travailler un peu moins en dehors de l’université…»
«Un coup de pouce financier»
Jusqu’au 10 octobre, les Blanc-Mesnilois de moins de 26 ans, ayant au moins validé un bac+2 et toujours inscrits en cursus universitaire, peuvent bénéficier du contrat municipal étudiant (CME). Une commission statue et leur permet d’obtenir, si toutes les conditions sont remplies, une aide financière de 1 000 à 2 000 euros selon le quotient familial. En échange, ils doivent donner un peu de leur temps : une heure par semaine d’accompagnement scolaire (méthodologie, orientation, discussions sur l’actualité…) auprès d’un collégien de la ville à partir de novembre. «Le CME est un véritable coup de pouce financier donné par la municipalité à nos étudiants dans un contexte économique de plus en plus difficile», assure Sabrina Bousekkine, l’adjointe au maire chargée de la jeunesse. Cette année encore, le succès du dispositif ne se dément pas : cinq jours après le lancement de la nouvelle campagne, 31 dossiers ont déjà été retirés. En 2010-2011, 74 étudiants ont bénéficié du CME. Renseignements au service municipal de la jeunesse : 01 48 65 21 66.
Jonathan Rapaport
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