Cinéma Louis Daquin: «Une hausse de fréquentation en 2011»
Publié le 09.02.2012
Corentin Bichet, directeur du cinéma municipal, dresse un bilan positif de l’année 2011. Il prévoit de nombreux événements pour 2012 mais s’inquiète du projet d’implantation d’un multiplexe au centre commercial O’Parinor.

© Américo Mariano
Quel bilan tirez-vous de l’année 2011 ?
Nous avons constaté une hausse de la fréquentation de 9% par rapport à 2010 alors que dans le même temps, au niveau national, elle n’a augmenté que de 4%. Au Blanc-Mesnil, nous sommes passés de 38 099 à 41 571 spectateurs en un an. Plus généralement en 2011 dans toute la France, nous sommes revenus à un niveau de fréquentation comparable à celui du milieu des années 60. Cela est dû à plusieurs facteurs : les cartes d’abonnement, des salles de plus en plus nombreuses et modernes et des films que les gens ont vraiment envie de voir.
Le cinéma français s’en sort-il bien ?
Oui. On peut parler d’une exception française car il représente 42% de parts de marché dans l’Hexagone contre 46% pour les films américains. Dans les autres pays européens, le cinéma d’outre-Atlantique représente 80 à 90% des œuvres projetées.
Quels films ont particulièrement bien marché au Louis Daquin ?
Intouchables, bien sûr, qui a été le succès de l’année avec 4 500 entrées. Le Chat Potté (2e) et Rien à déclarer (3e). Nous avons eu également quelques bonnes surprises comme Les Femmes du 6e étage (8e), Le Discours d’un roi (12e) en version originale ou Polisse (15e).
La projection de certains longs métrages en 3D a-t-elle eu l’effet escompté ?
Nous avons enregistré 2 231 entrées en 3D depuis le 1er septembre soit 5% du total de l’année en seulement quatre mois. Mais il est assez difficile de savoir si les spectateurs viennent uniquement pour voir un film avec ce mode de diffusion. Par exemple, nous passions Le Chat Potté alternativement en 2D et 3D.
Craignez-vous l’influence de plus en plus grande des multiplexes ?
Forcément. En 2000, 35% des entrées totales en France étaient réalisées par les multiplexes contre 59% aujourd’hui. En Seine-Saint-Denis en 2011, ils remportent carrément 80% du marché ! Je suis très inquiet du projet d’implantation d’un multiplexe au centre commercial O’Parinor à Aulnay-sous-Bois. La Ville du Blanc-Mesnil a fait un recours soutenu par de nombreuses associations cinématographiques. La Commission nationale d’aménagement commercial se réunit le 25 mars pour décider. Je ne suis pas du tout contre les multiplexes. Je souhaite juste qu’ils n’aient pas le monopole de l’exploitation et qu’on laisse leur place aux petits cinémas et à une diversité de l’offre.
Quelles seront les moments forts de l’année 2012 ?
Le deuxième semestre du ciné-club consacré aux films américains, le partenariat maintenu avec le Festival international de films documentaires du centre Pompidou fin mars, la diffusion d’un long métrage sur le printemps arabe dans le cadre de l’Université citoyenne et d’un autre film pour la Journée des femmes en mars, le ciné-concert des élèves du conservatoire fin avril, Cannes au Blanc-Mesnil en mai ou encore la troisième édition du festival Actions ! en octobre. Nous travaillons aussi activement à l’installation du cinéma Louis Daquin dans l’immeuble République au centre-ville courant 2013. Notre objectif sera alors de dépasser la barre des 50 000 spectateurs par an.
Propos recueillis par Jonathan Rapaport
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