Charly Oleg: un mec... formidable
Publié le 21.12.2011
De Duke Ellington à Tournez manège, sa carrière est éclectique. A 70 ans, celui qui a plus de 5 000 chansons à son répertoire, n’est pas prêt à prendre sa retraite.

© Américo Mariano
Charly Oleg est un homme heureux. Cela se lit sur son visage. Entre deux «formidable», il vous raconte sa vie en toute simplicité. Une vie pleinement consacrée à la musique et parsemée de rencontres. Car bien plus que le célèbre joueur d’orgue de la cultissime émission Tournez manège, Charly est un remarquable musicien classique et de jazz. Duke Ellington, Stan Getz, Charles Aznavour ou encore Joséphine Baker sont autant d’artistes qu’il a accompagnés au cours de sa carrière. Né à Hayange en Moselle, Charly Oleg, de son vrai nom Charles Olejniczak reçoit le prix d’excellence du conservatoire de Metz avant de poursuivre sa formation de pianiste à Genève, puis de débarquer à Paris en 1958 pour jouer au… tennis de table, auréolé de son titre de champion de Lorraine !
Après avoir écumé les dancings de la capitale en tant que musicien cette fois, il doit, un soir, remplacer au pied levé à l’Olympia un pianiste malade. C’est le tournant de sa carrière. «Des producteurs de l’émission Télé Dimanche étaient dans la salle, se souvient-il. Ils m’ont demandé de les rejoindre pour accompagner des chanteurs. J’y suis resté sept ans.» Charly y rencontrera sa femme, Zina. Une jolie concurrente d’origine italienne. «Si tu chantes aussi bien que tu as de beaux yeux», lui lance-t-il pour la séduire. Efficace. Après un passage par La chance aux chansons de Pascal Sevran, il rejoint l’équipe de Tournez manège, sorte d’agence matrimoniale cathodique, de 1985 à 1993. Son job : faire deviner à l’orgue électronique des morceaux célèbres aux candidats. Et Charly a de la ressource puisqu’il dispose de plus de 5 000 chansons dans son répertoire !
«Je n’ai que de bons souvenirs de cette période. L’ambiance était excellente même si on se moquait parfois de moi.» Surtout de ses tonitruants «formidable». «Dès que les participants trouvaient une réponse, je ne pouvais m’empêcher de le dire ! Depuis, c’est devenu comme un tic», sourit-il. Aujourd’hui encore les personnes qui le reconnaissent dans la rue lui lancent à chaque fois son expression favorite. Au Blanc-Mesnil aussi, la ville où il a élu domicile voici près de quarante ans. «Je connais tout le monde ici. J’ai toujours joué au foot avec les gamins des cités et je cours encore quatre kilomètres par jour au parc Jacques Duclos.» Toujours la pêche le Charly, à 70 ans ! Et l’heure de la retraite n’a pas encore sonné. En parallèle de sa période télé, il fait quelques apparitions au cinéma notamment dans L’Insoutenable Légèreté de l’être avec Daniel Day-Lewis et Juliette Binoche en 1988. A partir des années 90, il multiplie les galas en province et est aussi régulièrement sollicité par les grandes écoles pour animer des soirées.
Le 24 décembre, il sera l’un des invités de l’émission de Patrick Sabatier Les stars s’amusent à Noël. Pour autant, l’argent n’a jamais été sa principale motivation. Il a par exemple refusé de reprendre du service au sein de l’équipe du nouveau Tournez manège en 2009 animé par Cauet. «Le passé c’est le passé. Ce que j’appréciais dans la précédente version, c’est qu’elle n’était jamais vulgaire», explique celui qui avoue avoir un petit faible pour certains artistes actuels comme Lady Gaga ou Thomas Dutronc. Mais s’il décidait de passer un jour la main, la relève est déjà assurée avec l’une de ses chanteuses favorites… sa fille, Clara Oleg. La jolie blonde sortira un disque en janvier intitulé Christmas in July. «Un album de standards du jazz formidaaable !»
Jonathan Rapaport
En un clic
