ASVP: mobiles, proches et utiles
Publié le 23.05.2011
Les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) opèrent à la sortie des écoles qui s'effectuent sans danger grâce à eux. Leur mission est aussi de verbaliser les véhicules en infraction afin de faciliter la vie des piétons blanc-mesnilois.

© Américo Mariano
A 8h15 devant l’école Paul Eluard, quelques minutes avant la rentrée des classes, une drôle de dame, le sourire aux lèvres, se charge de faire traverser les enfants sur le passage piéton avenue Paul Vaillant-Couturier. Les gestes de Julie, gilet jaune aux couleurs des agents de surveillance de la voie publique (ASVP) de la ville, sont sûrs. Bras tendu pour stopper les voitures arrivant à toute allure, position statistique parallèle au passage protégé, les mains positionnées comme des flèches, afin d’indiquer aux gamins et à leurs accompagnateurs qu’ils peuvent passer. Car la première mission de Julie et de Viggo, son binôme, est d’assurer la sécurité de tout ce beau monde. «Nous avons en charge pas moins de deux cents petits, assure la jeune femme de 33 ans. Les parents nous remercient et une véritable relation de confiance s’installe avec eux.» A 8h40, les deux agents prennent le chemin du local des ASVP et retrouvent leurs huit collègues. Un coup d’œil permet de constater que la parité homme-femme est respectée !
Autour d’un café, briefing sur les missions du jour. On prépare aussi l’opération «voiture ventouse» du lendemain. Avec l’aide de la Police nationale et d’un fouriériste, une vingtaine de véhicules stationnés depuis plus d’une semaine au même endroit seront enlevés. Quinze minutes plus tard, il est déjà temps d’enfiler de nouveau la tenue fournie par la municipalité: parka, pull, pantalon de treillis, gilet de sécurité jaune fluo et casque. Julie et Viggo partent sillonner en vélo leur secteur (différent chaque jour), au sud de la ville. D’emblée, deux camionnettes stationnées sur le trottoir récoltent un PV. Un peu plus loin, devant une automobile garée de la même manière, le ton monte légèrement. Une femme sort en robe de chambre.
«Vous vous en prenez toujours à notre rue. Vous nous mettez des contraventions toutes les semaines !», lance-t-elle. Le dialogue reste cependant courtois et la dame s’en tirera avec un simple avertissement : sa voiture était en effet en panne. Une voisine a assisté à la scène depuis sa maison. «Si on ne trouve pas de place devant chez soi, on peut aussi se garer plus loin et marcher un peu !» Du bon sens… Julie et Viggo retournent devant l’école Paul Eluard pour la sortie de 11h30 puis la rentrée de 13h. «Ce qui me plaît le plus dans ce métier c’est le contact avec les gens», confie Julie. «Je me sens vraiment utile, renchérit Viggo. J’ai appris que des accidents avaient eut lieu en dehors de nos heures de présence. Cela montre bien l’importance de notre job.»
C’est reparti ensuite pour une nouvelle patrouille. Une équipe est cette fois chargée de vérifier le stationnement en zone bleue dans le centre-ville. «Nous ne sommes pas là pour faire du chiffre, rappelle Freddy, ASVP depuis la création de l’unité en 2008. Nous constatons l'infraction. Si celle-ci cesse immédiatement, que la personne pose son disque ou décide de partir, je ne verbalise pas.» Il est un peu plus de 16h. Devant Paul Eluard, Julie assure la traversée des derniers élèves de la journée. Il sera bientôt temps pour elle d’aller chercher ses propres enfants. Thomas, élève de CE2, ne manque pas de remercier chaque jour ses anges gardiens. «Grâce à eux, on ne se fait pas écraser», lance-t-il, un brin malicieux. «Plusieurs fois, j’ai retenu par le bras des gamins qui allaient traverser sans regarder. C’est vrai que nous sauvons des vies tous les jours», souffle Julie, le sourire toujours aux lèvres.
Jonathan Rapaport
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