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PuceAccueil > La Ville > Histoire et patrimoine local > 1939-1945 : Se souvenir des années noires
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La fin de la guerre

La guerre en Europe prend fin le 8 mai 1945, à la signature de la capitulation sans condition. Elle aura fait plus de cinquante sept millions de victimes.

Au Blanc-Mesnil, prisonniers de guerre et déportés retrouvent une ville sinistrée mais forte d'une solidarité qui s'organise.

Après l’annonce de la capitulation allemande, Blanc-Mesnil connaît une certaine effervescence, notamment avec le retour dans leur foyer, des nombreux prisonniers de guerre et déportés. Le fermier Pasquier et un de ses ouvriers, Raymond Clayette, reviennent à la ferme Notre-Dame le 15 mai 1945. Après quatre ans de captivité en Allemagne et en Russie, ils participent à leurs premières moissons du nord du « pays ».

Suzanne Mairesse rentre chez elle, le samedi de la Pentecôte. « Elle est revenue en taxi-ambulance à Blanc-Mesnil, avec Noé, un coiffeur juif rescapé d’Auschwitz, se rappelle sa sœur Odette. Elle ne pesait qu’une trentaine de kilos ». De sa déportation en Allemagne à Ravensbrück, Suzanne gardera jusqu’à sa mort, en 1981, des séquelles médicales. Son mari, William Mairesse, prisonnier de guerre, rentrera quelques jours plus tard. « Nous avons tous été réunis à Paris, dans une salle du cinéma Rex, puis on nous a conduits à la piscine Molitor raconte-t-il. Je suis revenu en train au Blanc-Mesnil. »

D’autres ne reviendront jamais comme Georges Charleux, le compagnon de Jeanne « Fernande » Ancelin. « J’ai été plusieurs fois à Paris, à l’hôtel Lutétia, pour avoir de ses nouvelles raconte Fernande. On affichait là-bas les photos de tous les déportés et prisonniers qui étaient de retour. Quelques mois plus tard, deux camarades de son camp de déportation m’ont annoncé qu’il ne reviendrait plus ».

Le 3 juin 1945, une grande cérémonie a lieu au cimetière communal, en hommage aux morts de la France. De nombreux anciens prisonniers et déportés politiques sont présents. Parmi eux, « La Renaissance » note la présence de Bultel, rescapé du camp de Buchenwald, de Charlier, rescapé d’Auschwitz et Dachau et de Suzanne Mairesse, rescapée de Ravensbrück. La solidarité s’organise également pour venir en aide aux familles des prisonniers de guerre et des déportés. Ainsi la section syndicale de l’entreprise Bancilhon et Varlot, située dans la zone de la Molette, remet mille francs à chacun de ses employés, ancien prisonnier de guerre, et deux mille francs à chaque déporté politique.

« Au centre de formation des apprentis de la Molette, chacun-ouvrier, agent de maîtrise, employé ou technicien-prélève deux fois par mois, sur son salaire, un montant équivalant à deux heures de travail » , relate « la Renaissance ». Cette somme est destinée au 9eme régiment de zouaves. Les salariés du CFA verseront également 5000F*au centre d’accueil des prisonniers et déportés, qui s’est ouvert au Blanc-Mesnil.

*Cette somme équivaut à plus d’un mois de salaire d’une secrétaire ou d’un ouvrier de l’époque.

Le Mensuel, mai 1996.
Nadia de Almeida

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Le petit journal imprimé à 100 000 exemplaires (deux camions GMC pleins de rames de papier). C’est le papier qui servait à imprimer les dollars américains pour la France à ce moment là !

Il nous fallait des bons pour obtenir cette matière rare, ce qui fait qu’ils nous ont fourni et apporté le matériel nécessaire pour l’impression de ce journal. Le garage était rempli de rames de papier.

Roger Chartier, 1999

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"Si je ne dois retenir qu’un seul moment difficile, ce fût en avril lors du bombardement de la Ruhr. C’était incroyable, à peine venions-nous de secourir des soldats que nous étions appelés ailleurs."

On entrait dans une maison où il y avait des blessés à Kempten quand une femme nous dit que les Allemands viennent de capituler. On n’y croyait pas. L’atmosphère était vraiment bizarre, il a fallu que des officiers, le soir, nous le confirment pour que nous puissions y croire réellement. »

Irène Babany, 19 ans en 1945
Interview pour Le Mensuel, juillet 1996

Après un an de préparation militaire en Algérie, Irène Babany arrive en France en Avignon à la veille de ses dix-neuf ans. Pendant deux ans, elle sera ambulancière dans la première armée française et accompagne les Alliés dans leur reconquête de l’est de la France puis en Allemagne.

Premier anniversaire de la libération du Blanc-Mesnil. - © Archives municipales
Premier anniversaire de la libération du Blanc-Mesnil. - © Archives municipales

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> 1945 au Blanc-Mesnil
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