Le championnat d’académie de cross country a rassemblé près de 2 000 collégiens et lycéens au parc urbain Jacques Duclos, mercredi 15 décembre.
«Je remercie le service des sports de la ville du Blanc-Mesnil qui nous a notamment amené le soleil.» L’homme qui dit cela porte un bonnet vissé sur la tête, des stalactites à la moustache et, surtout, un optimisme épatant vu le gris - clair, certes, mais uniforme - du ciel. Thierry Binet, directeur régional de l’UNSS (Union nationale du sport scolaire), puisque c’est lui, n’est pas le plus méritant à braver le froid : quelque 2 000 collégiens et lycéens s’ébattent au parc urbain Jacques Duclos, en short pour les plus insensés, ce mercredi 15 décembre, à l’occasion du championnat d’académie de cross country UNSS. Une compétition qui se déroule tous les ans sur un site différent, dans l’un des départements 77, 94 et 93 qui forment l’académie de Créteil. Auparavant, les championnats de district et départementaux ont déjà permis de faire la sélection entre tous les participants : des élèves de la 6e à la terminale répartis en plusieurs catégories, féminines et masculines, des benjamins aux seniors, en passant par les minimes, cadets et juniors. Au total, dix courses se succèdent dans l’après-midi entre 13h à 16h30. Le parcours, balisé par de longues rubalises (contraction de rubans et balises) tendues entre les arbres, sinue sur toute la surface du parc.
Plusieurs distances sont au programme des réjouissances : du 2 000 au 5 000 mètres, tous les intervalles de 500 mètres y passent. Après chaque course, les participants se rendent au stand goûter, aménagé juste à côté de l’arrivée. Croissants et chocolats chauds constituent leur première récompense, gracieusement fournie par le service municipal des sports qui se charge également de la logistique et de l’installation.
Le long du parcours, quelques «supporters» agitent l’affichette qu’ils ont confectionnée en soutien à un de leurs camarades. Parents, copains et professeurs se réchauffent comme ils peuvent, ballon au pied par exemple, avant le passage de leurs protégés. De petits groupes de concurrents en attente de leur tour courent dans tous les sens, là aussi pour s’échauffer. Au loin, mugit la voix de la speakerine qui appelle ces mêmes concurrents à venir présenter leurs licences et récupérer leur dossard. On l’entend réclamer un médecin. Renseignements pris, deux sont mobilisés sur cette manifestation. Ils interviennent le plus souvent consécutivement à des chutes ou des foulures. Mais le froid est de la partie et certaines personnes virent au bleu, sans que rien de grave ne se produise cependant. Imperméables à l’effervescence alentour, les oies et canards du lac artificiel voguent tranquillement sur les eaux calmes.
Revenons à nos moutons. Deux types d’épreuves se côtoient, sans que cela ne se distingue à l’œil nu : dans la même course s’affrontent des équipes - composées chacune des meilleurs éléments d’un même établissement scolaire - et des athlètes en individuel. Pour Blanc-Mesnil figure notamment Nadir Akkal, 16 ans, élève du collège Nelson Mandela. C’est pour ainsi dire le leader de la délégation blanc-mesniloise après sa victoire au cross de district et sa deuxième place en départemental. Une nouvelle performance l’aurait qualifié pour les championnats de France. Mais il termine finalement 10e. Pourtant, l’adolescent est plutôt nageur de formation. Le cross ne figure pas parmi les disciplines que peuvent choisir de pratiquer les quelque 50 000 licenciés UNSS de l’académie, dans les trois heures de sport hebdomadaire labellisées UNSS qu’ils suivent en supplément de leur cours d’EPS (éducation physique et sportive). Ainsi, Marie, professeur d’EPS au collège Descartes, dispense 17 heures de cours par semaine et 3 heures d’enseignement spécifique UNSS. Elle et chacun de ses huit autres collègues professeurs d’EPS du collège se chargent de l’enseignement d’une discipline particulière. La participation au cross se fait donc sur la base du volontariat, comme pour les concurrents d’ailleurs.
Vincent Greffier