50 ans ... Et pas une ride !
Publié le 20.05.2011
Michèle Bernier pointe, avec ses répliques pertinentes et sa gouaille féroce, la société actuelle et ses paradoxes. Un spectacle d'émotions et d'humour.

© Nathalie Mazeas
«Ma vieille si tu ne veux pas finir par temps de canicule toute seule dans ta baignoire à porte, t'as intérêt à te bouger !»... Cette pensée de Michèle Bernier est à l'origine du spectacle, Et pas une ride, qu'elle présente le 25 mai au Forum. Un véritable show en solo où cette comédienne qui compte 25 ans de métier et 50 ans d'existence sur Terre, donne vie à des textes écrits à quatre mains avec sa complice belge Marie-Pascale Osterrieth. Un spectacle également plébiscité par les Blanc-Mesnilois dans le cadre de l'opération Faites entrer les artistes. Après celui de Liane Foly, voilà donc celui de cette cinquantenaire épanouie à la gouaille féroce mais pleine d'humour et d'émotions. Michèle Bernier s'en donne à cœur joie pendant plus d'une heure et demie, avec notre société d'aujourd'hui, où règne le jeunisme et le lifting.
«Mes 50 ans, je ne les sens pas... sauf le matin quand je me lève et que ma sciatique se réveille», déclare Michèle Bernier sur scène. Où elle enchaîne les saynètes au rythme soutenu de ses répliques pertinentes. Son expérience vient du café-théâtre et de ses prestations télévisées chez Philippe Bouvard. Pour les plus jeunes, un coup d'œil s'impose du côté des archives de l'INA (Institut national de l'audiovisuel) disponibles sur Internet pour revoir les émissions TV d'antan. Cependant Michèle Bernier a également un pedigree non négligeable. Fille de Georget Bernier, alias le Professeur Choron l’un des fondateurs du journal Hara-Kiri, elle a su se faire un nom au cinéma et au théâtre, au fil des années jusqu'à s'imposer seule en scène. Où elle parle, chante, danse et donne des claques au temps qui passe. Sans vulgarité et toute en humanité.
Le ton est donné dès la première scène. Celle d'une vieille résidente qui crie après son chien qu'elle traîne partout. «Allez Arthrite, viens, tu sais bien que tu es un faux chien ! Les animaux ne sont pas permis dans les maisons de retraite.» Il continue par quelques clins d'œil à la jeune génération. Elle apostrophe les enfants qui quittent le nid familial en emportant avec eux le mobilier de la maison. Elle aborde aussi le conflit entre Anciens et Modernes en décrivant un vieux téléphone filaire à cadran à son fiston adolescent, féru de portables high-tech. Le récit d'une mammographie éprouvante permet également à cette ronde gironde d'éreinter quelques jeunes porteuses de prothèses mammaires. Quant aux adeptes de la chirurgie esthétique, elle leur assène une remarque à faire réfléchir les deux sexes. «Rassurez-vous mesdames, quand vos rides apparaissent, vos maris, eux, deviennent presbytes.»
Mais la différence entre hommes et femmes recommence après un divorce et le ton vire au cru. «Un papy de 70 ans peut toujours faire un enfant à sa jeunette, tandis que nous pouvons essayer un troupeau de chippendales avec échec garanti !» Les publicitaires et communicants médiatiques en prennent aussi pour leur grade. «Quand un homme politique de 50 ans arrive au pouvoir, tous les médias parlent de l'élection d'un jeune président.» Michèle Bernier raconte que le même jour, elle a reçu un coup de fil d'une agence de pompes funèbres lui vantant ses services. «Car après 50 ans, il faut penser à ses obsèques», lui a-t-on affirmé au téléphone. Après un demi-siècle d'existence, la comédienne, elle continue de clamer son amour de la vie, sur scène !
Nadia De Almeida
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