27e campagne des Restos du Cœur: une aide vitale
Publié le 08.12.2011
Au Blanc-Mesnil, les bénévoles des Restos du Cœur ont repris du service le 28 novembre et apportent aux bénéficiaires une aide appéciable.

© Michel Le Moine
«Lorsque Coluche a créé les Restos du Cœur en 1985, l’association devait disparaître au bout d’une saison», rappelle, un peu dépité, Jean-Louis, un des vingt bénévoles de l’antenne du Blanc-Mesnil. Vingt-sept ans plus tard, «Les Restos» n’ont jamais autant fait le plein. En 2010-2011, quelque 860 000 personnes ont été accueillies dans toute la France pour 109 millions de repas distribués, dont 1 230 au Blanc-Mesnil. Des chiffres qui devraient être largement dépassés cette année. Le 28 novembre a marqué l’ouverture de la nouvelle campagne nationale. A la permanence de la cité Pasteur, des bénévoles déchargent la marchandise.
Au menu des paniers du jour : soupe, raviolis en conserve, viande ou encore pommes de terre. Des produits pour bébé, très recherchés, sont également distribués. «Nous venons récupérer du lait en poudre, des petits pots et des couches car cela coûte très cher en magasin, expliquent deux mères de famille dont les enfants ont 11 mois et 8 mois et demi. Avant l’ouverture des Restos, nous devions nous sacrifier pour nos petits et nous ne mangions pas à notre faim. Nous étions parfois aussi obligées de demander de l’aide à notre entourage.» Les mamans ne sont pas les seules à souffrir. A la permanence, il y a foule et les bénéficiaires sont toujours plus nombreux et de tous les âges.
«La grande différence par rapport à avant, c’est qu’il y a de plus en plus de retraités», constate Jean-Louis qui vit sa 16e campagne. En dehors des denrées alimentaires, des dons de vêtements et de livres, des coupes de cheveux, gratuites, sont même proposées deux fois par mois. L’avenir des Restos du Cœur s’écrit cependant en pointillés. Le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) qui octroie aux pays de l’Union européenne et à ses associations caritatives 480 millions d’euros par an dont 72 millions à la France, a bien failli être réduit à peau de chagrin (voir le Journal du 7 octobre). Une baisse de 80% avait été envisagée. Finalement, après moult hésitations, l’Allemagne, principale contributrice au PEAD, a accepté de maintenir son apport financier jusqu’en 2014.
Un ouf de soulagement pour les quatre millions de personnes dépendant de ces aides. «Je suis satisfaite de cette décision, explique Martine Krakowski, la responsable des Restos du Cœur au Blanc-Mesnil. Mais dans deux ans, nous serons de nouveau sur la sellette. Chaque pays devra prendre alors en charge ses pauvres. Je ne sais pas ce que cela donnera», s’inquiète-t-elle.
Jonathan Rapaport
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